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Les grilles dorées de la place Stanislas sont presque trop belles, et pour les voir sans la foule, il faut venir à l’heure où les livreurs poussent encore leurs chariots. Nancy est une ville où la beauté se regarde d’abord, puis se prolonge. Derrière la place, derrière la Pépinière, derrière les vitrines Art nouveau de l’école de Nancy, il y a des salons de thé où l’on peut passer l’après-midi sans que personne ne s’impatiente.
Voici un week-end de deux jours construit autour de ces adresses, avec la lenteur comme règle.
Comment y aller
Depuis Paris, le TGV met environ une heure et demie jusqu’à la gare de Nancy. Depuis Strasbourg, il faut compter environ une heure et demie aussi. Depuis Metz, le trajet est plus court, environ trente-cinq minutes. De Lyon ou de Bordeaux, mieux vaut passer par Paris, avec un changement de gare à prévoir. La gare est à dix minutes à pied du centre, et la ville est assez petite pour que tout se fasse en marchant.
Samedi : de la place Stanislas à la Pépinière
Je commence à la place Stanislas, vers neuf heures, avant que les terrasses ne soient dressées. La place est un des plus beaux ensembles du dix-huitième siècle en France, classé à l’Unesco : le voir vide a quelque chose de grave et de doux à la fois. Puis je marche vers la place Carrière et l’arc de triomphe, jusqu’à la Pépinière, grand parc public où les Nancéiens vont lire sous les arbres.
Pour le déjeuner et l’après-midi, je cherche les salons de thé des rues qui entourent la place. Les adresses sont souvent à l’étage, avec des fenêtres hautes et des moulures. On y sert des thés en vrac, des gâteaux fins, et, avec un peu de chance, une spécialité lorraine : macaron, madeleine de Commercy, ou une tarte à la mirabelle selon la saison.
Note de carnet : plafond à moulures, quatre tables occupées, un seul son, celui d’une cuillère. J’ai commandé une seconde théière pour avoir le droit de rester.
Je reste en général près de deux heures, avec mon carnet. À Nancy, personne ne me regarde de travers pour cela.
Trois critères pour choisir
- Un salon à l’étage, en retrait de la rue, plutôt qu’en vitrine.
- Des tables assez grandes pour poser un livre, une tasse et un carnet sans tout bousculer.
- Une carte courte, signe d’une maison qui fait peu de choses mais les fait bien.
Dimanche : l’Art nouveau et la Vieille-Ville
Le dimanche, je vais voir ce que Nancy a de plus singulier : l’école de Nancy, mouvement Art nouveau mené par Émile Gallé et ses contemporains. Le musée de l’École de Nancy, dans une belle maison au bord d’un jardin, mérite un détour, et le parc qui l’entoure est calme. Ensuite, je longe les rues où des façades aux motifs de fleurs et de libellules se cachent entre les immeubles.
Le soir, ou vers la fin d’après-midi, je retourne vers la Vieille-Ville, avec la porte de la Craffe et ses rues étroites. Quelques salons de thé s’y sont glissés, plus modestes que ceux de la place Stanislas. Les murs de pierre épais étouffent les voix, et l’ambiance est celle d’un petit salon de lecture.
Une brasserie, pour une exception
La brasserie Art nouveau est une institution nancéienne, et l’on peut y faire une exception à la règle du salon de thé. Son décor vaut le détour, mais elle est animée. Je m’y rends seulement hors des heures de repas, pour un thé ou un chocolat, et je regarde les boiseries.
Où dormir
Un petit hôtel du centre, entre la place Stanislas et la gare, suffit pour deux nuits. Les rues proches de la Pépinière sont plus résidentielles et calmes. La Vieille-Ville peut être bruyante le vendredi et le samedi soir, avec ses bars et ses étudiants : mieux vaut éviter de dormir au-dessus d’une terrasse. Une chambre sur cour reste la meilleure option.
Le retour
Le dimanche soir, je rentre sans hâte. Un dernier thé dans un salon proche de la gare, un coup d’œil à la place éclairée, et le train. Les derniers trains du dimanche vers Paris sont souvent pleins : réservez à l’avance, en voiture calme. Le trajet permet de relire ses notes et de faire le tri entre les adresses à garder et celles à oublier.
À savoir avant de partir
- Beaucoup de salons de thé nancéiens ferment le dimanche après-midi ou le lundi : vérifiez les jours d’ouverture avant de partir.
- La ville est petite : une demi-journée suffit pour le centre, le reste du week-end pour les parcs et l’Art nouveau.
- Les musées ont des jours de fermeture variables : renseignez-vous avant de bâtir votre programme.
- En hiver, les rues sont froides et humides : prévoyez des chaussures étanches et un manteau chaud.
- Les salons de thé de la place Stanislas sont fréquentés par les visiteurs en journée : privilégiez le début de matinée ou la fin d’après-midi.
- Horaires et durées de trajet sont à vérifier avant le départ, d’autant plus qu’ils varient selon les saisons.
Nancy ne se visite pas, elle se lit lentement, comme un roman à chapitres courts. Chaque salon de thé en est un, avec sa lumière, sa théière et son silence particulier.



