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QUA Quais, bancs & belvédères

Paris : cinq rives de Seine et de canal où s’attarder sans être bousculé

  • VilleParis
  • QuartierÎle Saint-Louis
  • Momenttôt le matin
Par Cherlyn Branch 6 mai 2026 5 min de lecture
Paris : cinq rives de Seine et de canal où s'attarder sans être bousculé

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À la pointe de l’île de la Cité, sous le saule, le square du Vert-Galant avance dans la Seine comme une proue. On y descend par quelques marches depuis le Pont Neuf, et le bruit de la ville s’efface d’un coup : il reste le clapotis, le passage régulier d’un bateau-mouche, les voix étouffées des quais. J’y ai passé un après-midi entier, un recueil de poèmes sur les genoux, sans que personne ne vienne me déloger. Paris a la réputation d’une ville qui bouscule ; elle cache pourtant des dizaines de bancs où le temps ralentit.

Ce guide regroupe les endroits où j’ai pu m’installer longtemps : des quais de Seine, un canal, une butte en retrait. Pas de panorama spectaculaire à attendre à chaque pas, plutôt des coins où le regard peut se poser sur l’eau et sur les ponts.

Comment y aller

Depuis Lyon, le TGV rejoint Paris en environ deux heures, vers la gare de Lyon. Depuis Bordeaux, il faut compter environ deux heures et quart vers la gare Montparnasse. Depuis Bruxelles ou Londres, le train arrive à la gare du Nord ou à la gare de Lyon selon la liaison, avec un trajet d’environ une heure et demie à deux heures et quart. À l’intérieur de la ville, le plus agréable reste de se déplacer à pied le long de la Seine plutôt que de multiplier les trajets en métro. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Samedi : la Seine, de la pointe à l’île Saint-Louis

Le matin, je commence par le square du Vert-Galant, tôt, quand il est encore presque vide. En descendant sur la berge basse, on se retrouve au niveau de l’eau, avec les arches du Pont Neuf au-dessus de soi. Les pierres tiennent lieu de sièges, et si l’on s’installe côté ouest, la lumière du matin éclaire les façades de la rive droite. C’est un lieu qui devient bruyant en journée, d’où l’intérêt de venir avant dix heures environ, en semaine ou le samedi matin.

Vers midi, je continue en direction de l’est, en traversant vers l’île Saint-Louis. Le quai de Bourbon, du côté nord, est l’un des plus paisibles du centre : peu de commerces, des arbres, des bancs en pierre, et une vue sur la rive droite qui change à chaque heure. On y croise des habitants du quartier, quelques lecteurs, parfois un peintre amateur. La pointe est de l’île, avec le petit square, permet de s’asseoir face au courant. C’est un lieu où l’on entend plus les mouettes que les voitures.

L’après-midi, j’ai remonté le long de la rive gauche, sur le quai de la Tournelle, puis le long des bouquinistes qui bordent la Seine. Ces boîtes vertes ne sont pas un endroit où s’asseoir, mais elles rythment la marche : on s’arrête, on feuillette, on repart. À la fin de la journée, la lumière dorée sur l’eau fait oublier la fatigue du trajet.

Dimanche : le canal et la butte

Le dimanche, je change de décor. Le canal Saint-Martin, dans le dixième arrondissement, propose des quais bordés d’arbres et de passerelles métalliques. Le matin, avant l’afflux du déjeuner, on peut y trouver un banc face aux écluses. Le bruit de l’eau qui tombe, le grincement des passerelles quand elles s’ouvrent pour laisser passer une péniche, composent une ambiance sonore étonnamment apaisante. Plus tard dans la journée, les bords du canal se remplissent de groupes assis sur le quai, ce qui en fait un lieu plus animé que contemplatif.

Pour finir en hauteur, j’ai gagné le parc de Belleville, dans le vingtième, d’où l’on voit les toits de Paris s’étirer jusqu’à la tour Eiffel. Il y a là un belvédère aménagé avec des gradins, et surtout des bancs un peu en retrait, sous les arbres. En fin d’après-midi, l’endroit est fréquenté par des habitants du quartier plutôt que par des visiteurs de passage. Un autre belvédère plus confidentiel, la butte Bergeyre, dans le dix-neuvième, offre une ambiance de village avec des ruelles étroites et un petit jardin partagé. Son accès est limité, donc elle reste calme si l’on y vient discrètement.

Où dormir

Pour une seule nuit, deux options. Un petit hôtel dans le quartier du Marais, côté est, permet de rejoindre l’île Saint-Louis à pied en quelques minutes et de commencer le samedi sur les quais. Une alternative plus tranquille consiste à choisir un hébergement près du canal Saint-Martin ou dans le dixième, avec des rues calmes le soir et des cafés ouverts tôt. Les chambres parisiennes sont souvent petites ; mieux vaut privilégier un hébergement bien situé plutôt qu’un hébergement spacieux mais éloigné des quais.

Le retour

Le dimanche en fin d’après-midi, je prévois un dernier détour par la Seine avant de rejoindre la gare. Si le train part de la gare de Lyon, le quai de la Rapée, au bord de l’eau, offre un dernier banc avant le départ. Pour Montparnasse, une marche en traversant le jardin du Luxembourg est possible, bien que l’endroit soit fréquenté. Il vaut mieux garder une marge d’au moins une heure avant l’horaire du train.

À savoir avant de partir

  • Les berges basses de la Seine peuvent être fermées en cas de crue ; vérifier l’accès avant de s’y rendre.
  • Le square du Vert-Galant est très fréquenté en été en milieu de journée ; arriver tôt change tout.
  • Prévoir un petit coussin ou un foulard : les pierres des quais sont fraîches, voire humides.
  • Le long du canal Saint-Martin, les week-ends ensoleillés attirent beaucoup de monde ; privilégier le matin ou les jours de semaine.
  • Beaucoup de commerces proches des quais sont fermés le dimanche ; emporter de quoi boire.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ, en particulier pour les trains de fin de week-end.

Paris n’a rien de silencieux, mais elle garde des rives où l’on peut s’attarder, et c’est souvent là que la ville se laisse le mieux lire.

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