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THE Salons de thé

Bordeaux : salons de thé des Chartrons et de Saint-Pierre, côté calme

  • VilleBordeaux
  • QuartierChartrons
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 19 décembre 2025 5 min de lecture
Bordeaux : salons de thé des Chartrons et de Saint-Pierre, côté calme

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À Bordeaux, il existe une heure où la lumière devient presque rose sur les façades de pierre blonde. Je la connais par cœur, et c’est pour elle que je pousse, depuis des années, la même porte vitrée aux Chartrons, derrière laquelle une dizaine de tables en bois attendent ceux qui veulent lire. Bordeaux est ma ville, et je la regarde pourtant avec des yeux de voyageur : en quête de silence, d’une chaise, d’un thé.

Ce guide s’adresse à qui vient passer deux jours ici, et veut savoir où ralentir.

Comment y aller

Depuis Paris, le TGV rejoint la gare Saint-Jean en environ deux heures et quart. Depuis Toulouse, il faut compter environ deux heures, depuis Nantes environ trois heures et demie, avec parfois une correspondance. L’aéroport de Mérignac se trouve à une demi-heure du centre en tram puis en bus, ou plus vite en taxi. À Bordeaux même, le tram dessert presque tout, mais le vrai plaisir est de marcher le long des quais, de la place de la Bourse jusqu’aux Chartrons, par la promenade qui borde la Garonne.

Samedi : Saint-Pierre, rue après rue

Le samedi matin, la ville est à ses habitants : marché, jogging sur les quais, files devant les boulangeries. Je commence dans le quartier Saint-Pierre, autour de l’église du même nom, dont les ruelles pavées sont jolies mais très fréquentées en terrasse. Pour trouver le calme, je pousse jusqu’à la rue des Bahutiers ou aux rues perpendiculaires, où quelques salons de thé occupent d’anciens rez-de-chaussée de négociants.

Un bon salon de thé bordelais se reconnaît au sol : du parquet ou du carrelage ancien, des tables en bois qui ont vu passer des années de livres. L’accueil est souvent pris en charge par une seule personne, qui connaît les habitués, et qui prépare chaque théière avec une certaine lenteur. C’est le signe qu’on peut s’y attarder.

Après un déjeuner léger, je rejoins le Jardin public, à dix minutes à pied, et je m’y assois avec mon livre. Les bancs sont nombreux, les allées bordées de platanes, et la fin d’après-midi y est paisible, surtout hors des vacances scolaires.

Note de carnet : à quatre heures, la pièce sent le thé fumé et la cire d’abeille. Personne ne parle. Il pleut un peu sur la vitre.

Dimanche : les Chartrons, de la brocante au salon

Le dimanche matin, un marché prend place le long des quais, avec ses producteurs et ses brocanteurs. C’est animé, mais bon enfant. Je le traverse tôt, puis je m’engage dans la rue Notre-Dame, cœur des Chartrons, avec ses antiquaires, ses galeries et ses boutiques de décoration. Les salons de thé de ce quartier sont plus discrets que ceux du centre, souvent dans des cours intérieures ou à l’étage de boutiques.

Je m’accorde une pause d’une bonne heure dans l’un d’eux, avec un thé vert et une pâtisserie maison. Le lieu est lumineux, plein de plantes, et l’on y entend surtout le bruit des pages. Le dimanche après-midi, les tables se libèrent après le déjeuner familial : c’est le meilleur moment.

Ce qui change selon la saison

  • L’hiver, les salons sont chauds, un peu sombres, parfaits pour lire.
  • Le printemps, les cours intérieures ouvrent, et l’on prend le thé sous un figuier ou une glycine.
  • L’été, la chaleur impose de choisir une salle fraîche, souvent dans une cave ou un ancien chai.
  • L’automne, la lumière dorée sur les quais justifie de boire son thé en terrasse abritée.

Où dormir

Pour deux nuits calmes, un petit hôtel ou une chambre d’hôtes dans les Chartrons ou autour de la rue Sainte-Catherine, côté sud, convient bien. Les Chartrons sont résidentiels, sans vie nocturne bruyante. Le quartier Saint-Pierre est plus vivant le vendredi et le samedi soir, avec des terrasses jusqu’à tard : mieux vaut demander une chambre sur cour. Le quartier de la gare Saint-Jean est pratique mais moins plaisant à vivre.

Le retour

Le dimanche soir, la gare Saint-Jean est animée mais bien organisée. Je prends mon temps pour un dernier thé dans un salon proche du centre, puis le tram jusqu’à la gare. Pour le retour vers Paris, les derniers trains du soir sont souvent complets : réservez à l’avance, de préférence en voiture calme. Le trajet permet de relire les notes, de trier les photos et de se promettre une seconde visite.

À savoir avant de partir

  • Les salons de thé bordelais ferment souvent le lundi, et certains le dimanche : vérifiez les jours d’ouverture avant de vous déplacer.
  • Les week-ends de vendanges et de grandes manifestations, la ville se remplit : réservez l’hébergement tôt.
  • Le tram est bien pratique, mais le centre se parcourt à pied : prévoyez de bonnes chaussures.
  • Les pavés des ruelles de Saint-Pierre sont irréguliers : attention aux talons.
  • Les Bordelais ont gardé l’habitude de parler bas dans les salons de thé : un téléphone sonore y est mal vu.
  • Horaires et durées de trajet sont à vérifier avant le départ, d’autant plus que les travaux sur les lignes modifient parfois les temps.

Cette ville a la chance d’avoir gardé ses arrière-salles. Il suffit de se lever un peu avant les autres, de marcher un peu plus loin que le guide, et de pousser la porte d’une pièce qui sent le thé. Le reste de l’après-midi vous appartient.

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