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Dans un atelier du quartier européen, les toiles sont si grandes qu’on se sent minuscule en entrant. Un parquet ciré, une verrière, quelques personnes tout au plus, et ce bruit de la ville qui s’arrête derrière la porte. Mon voyage à Bruxelles avait d’autres raisons, mais c’est ce lieu qui m’a rappelé pourquoi je cherche d’abord un endroit où m’asseoir.
La capitale belge a des musées célèbres, dont la fréquentation est parfois dense. Elle en a aussi de plus petits, souvent installés dans d’anciennes maisons ou ateliers, où l’on se retrouve presque seul avec les œuvres. Voici un week-end pour les rejoindre.
Comment y aller depuis Bordeaux
Depuis Bordeaux, on passe par Paris : TGV jusqu’à la capitale, changement de gare, puis un train direct vers Bruxelles-Midi, pour un total d’environ 6 h 30 à 7 h. L’étape parisienne demande un peu de marge. J’emporte de quoi lire et un en-cas, et je ne regarde pas le paysage de Picardie sans y chercher une phrase à noter. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Le musée Wiertz, l’atelier d’un peintre excessif
Le musée Wiertz est installé dans l’ancien atelier du peintre Antoine Wiertz, au cœur du quartier européen. Le lieu est atypique : de très grandes toiles, parfois spectaculaires, parfois étranges, dans une salle haute de plafond qui donne au visiteur un sentiment de recueillement.
Un banc fait face à une toile immense : on y prend place un moment, et j’ai noté que je n’entendais plus que les pas lointains du gardien. Comme le quartier est surtout fréquenté en semaine par les employés des institutions, le week-end est particulièrement tranquille. C’est un très bon point de départ, d’autant que le parc Léopold, juste à côté, offre des allées ombragées pour prolonger la pause.
Un grand tableau ne demande pas qu’on le comprenne, seulement qu’on reste devant assez longtemps.
La maison Horta, un escalier qui se lit comme un poème
À Saint-Gilles, le musée Horta est l’ancienne maison et l’atelier de l’architecte Victor Horta, figure majeure de l’Art nouveau. On y visite des pièces lumineuses, des rampes qui ondulent, des vitraux qui filtrent le soleil. Tout y est affaire de courbes, de matériaux et de lumière.
Le nombre de visiteurs étant limité par la taille de la maison, l’ambiance reste feutrée. Je conseille d’arriver tôt, et de se laisser porter sans chercher à tout voir. Un escalier bien regardé suffit à une matinée. Le quartier de Saint-Gilles, avec ses rues bordées de maisons de caractère, invite à prolonger la marche par un détour tranquille.
Un troisième lieu au choix
Pour la fin de l’après-midi, je choisis souvent le musée des Instruments de musique, dans un bâtiment Art nouveau à vitrages, où l’on se promène avec un casque à l’oreille et où l’on peut s’asseoir longuement sur la terrasse. Ou un musée des Beaux-Arts anciens, plus vaste mais divisé en salles où l’on trouve des coins tranquilles. L’important est de ne pas tout cocher : une visite lente en vaut cinq rapides.
Deux jours à la belge
Samedi
Arrivée dans la matinée. Premier détour par le parc Léopold, puis le musée Wiertz. Déjeuner simple dans le quartier d’Ixelles, plus tranquille que la Grand-Place. L’après-midi, marche autour des étangs d’Ixelles, avec des bancs presque toujours libres, avant un dîner sans trop de bruit.
Dimanche
Matinée à la maison Horta, à l’ouverture. Puis balade dans Saint-Gilles, quelques pas dans une librairie, un café où l’on peut écrire sans que l’on vous demande de libérer la table. Dernier regard sur une façade Art nouveau, puis retour vers la gare du Midi.
Où dormir
Pour une nuit, je choisis un petit hôtel ou une chambre d’hôtes dans le quartier d’Ixelles ou de Saint-Gilles. Ces quartiers vivent à un rythme plus domestique que le centre, avec des rues calmes en soirée et des commerces de proximité. Éviter les alentours immédiats de la Grand-Place, où la vie nocturne se prolonge tard.
Le retour
Avant de quitter la ville, je repasse par le parc Léopold, quand la lumière de fin de journée dore les allées, pour un dernier quart d’heure sur un banc.
Le train de retour passe par Paris, avec un changement de gare à prévoir. Je laisse volontiers une marge d’une heure ou plus, et je profite de cette attente pour relire mes notes. Les rampes de la maison Horta me suivent en tête, comme une phrase bien tournée qu’on ne sait pas terminer.
À savoir avant de partir
- Vérifier les jours de fermeture, souvent le lundi, et les horaires du week-end.
- Pour les petites maisons-musées, arriver tôt : la jauge est limitée.
- Prévoir un parapluie, la météo belge change vite.
- Les transports en commun sont pratiques, mais la marche reste la meilleure façon de voir les quartiers.
- Garder du temps pour le parc, les bancs sont nombreux.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ, notamment pour les correspondances parisiennes.
Bruxelles est une ville qui se laisse apprivoiser par ses détails. Une toile géante, une rampe courbe, une allée d’arbres : trois choses qui, mises bout à bout, font un week-end entier de calme.



