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Sur le quai du Mont-Blanc, à Genève, les bancs sont tournés vers le lac, et le jet d’eau monte au loin comme un trait vertical sur un fond de montagnes. J’y ai lu une matinée entière, par un jour sans vent, en regardant les mouettes se poser sur les pontons. Genève est une ville de rives : le Léman à l’ouest, le Rhône qui en sort, et un enchaînement de parcs, de quais et de bains publics où l’on peut s’asseoir longtemps sans être pressé.
Ce guide suit les quais du lac, les bords du Rhône et un ou deux parcs en terrasse, pour un week-end lent, sans musée ni boutique.
Comment y aller
Depuis Lyon, le train rejoint Genève en environ deux heures. Depuis Paris, le TGV met environ trois heures, vers la gare de Cornavin. Depuis Lausanne, le trajet dure environ quarante à cinquante minutes. La gare est à quelques minutes à pied du lac, ce qui rend l’arrivée très simple. Une pièce d’identité reste utile pour franchir la frontière suisse ; vérifier les conditions d’entrée avant le départ. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Samedi : les quais de la rive droite
Le matin, je descends de la gare vers le lac et je prends le quai du Mont-Blanc, vers l’est. Des bancs bordent la promenade, face au jet d’eau et aux voiliers amarrés. La matinée est le meilleur moment : la lumière est douce, la promenade peu fréquentée, et on entend surtout les cordages qui tintent sur les mâts. Plus à l’est, le parc Mon Repos et le parc de la Perle du Lac offrent de larges pelouses descendant vers l’eau, avec des bancs à l’ombre de grands arbres.
En milieu de journée, j’ai rejoint les bains des Pâquis, une jetée aménagée avec un phare, qui s’avance dans le lac. L’endroit est apprécié des habitants, qui s’y assoient pour regarder l’eau ou prendre le soleil. On peut s’installer sur le bord de la jetée sans rien faire, une bonne heure, en regardant les mouettes. En saison, on y trouve des baigneurs ; hors saison, c’est un lieu de promenade tranquille.
L’après-midi, la promenade se poursuit le long de la rade, jusqu’au Jardin anglais, avec son horloge fleurie. C’est un lieu plus fréquenté, mais les bancs au bord de l’eau, côté ouest, restent agréables. À la fin de la journée, la lumière sur le Salève, la montagne qui domine la ville, donne aux quais une teinte presque rose.
Dimanche : le Rhône et la vieille ville
Le dimanche, je quitte le lac pour suivre le Rhône vers l’ouest. Les quais de la rive gauche, entre le pont de la Coulouvrenière et le pont de l’Île, sont paisibles, avec des bancs ombragés et un courant d’un bleu laiteux. L’eau coule vite, ce qui donne à la promenade un fond sonore continu et agréable. Le Rhône genevois est l’un des endroits où j’ai trouvé le plus de calme dans la ville.
Pour un belvédère, je monte dans la vieille ville, vers la cathédrale Saint-Pierre. Les terrasses de la promenade de la Treille, avec le long banc en bois, donnent sur le parc des Bastions et sur les toits. C’est un lieu où l’on s’assoit volontiers pour lire ; en semaine il est tranquille, le dimanche il se remplit par moments, d’où l’intérêt d’y monter en fin de matinée. Le parc des Bastions, juste en dessous, propose des allées ombragées et des bancs en retrait.
Où dormir
Pour une nuit, un petit hôtel dans le quartier des Pâquis, près du lac, permet de rejoindre les quais à pied dès le matin. Une alternative plus calme consiste à choisir un hébergement dans la vieille ville ou dans le quartier de Plainpalais, avec des rues moins passantes. La Suisse est une destination chère ; il vaut mieux comparer les options à l’avance et réfléchir à la distance acceptable par rapport au lac.
Le retour
Le dimanche en fin d’après-midi, je termine par un dernier banc sur le quai, avant de rejoindre la gare à pied. Le trajet depuis le lac prend un petit quart d’heure. Si le train part en soirée, prévoir une marge d’environ trente à quarante minutes suffit.
Ce que le lac apprend
Genève est une ville propre, ordonnée, parfois un peu distante, et c’est justement ce qui rend ses quais reposants : rien n’y est improvisé, tout y est à sa place, y compris les bancs. En deux jours, j’ai surtout appris à ne pas chercher la vue la plus spectaculaire. Un banc discret sous un arbre, face à un coin de lac sans jet d’eau, vaut souvent mieux que la grande perspective. On y entend l’eau frapper les pierres, quelqu’un qui tourne une page, un bateau qui accoste, et l’on comprend que la ville a été pensée pour ce genre de lenteur.
À savoir avant de partir
- La Suisse n’utilise pas l’euro ; vérifier les moyens de paiement acceptés avant de partir.
- Le vent du lac, la bise, peut être froid et fort en hiver ; prévoir une veste coupe-vent.
- Les bains des Pâquis sont très fréquentés par beau temps en été ; privilégier le matin.
- Les dimanches, beaucoup de commerces sont fermés en Suisse ; emporter de quoi boire et manger.
- Les prix des repas et des hébergements sont généralement élevés ; prévoir un pique-nique pour les quais.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Genève offre à qui sait s’arrêter une ville tournée vers l’eau, où le plus beau moment est souvent celui où l’on ne fait rien.



