Aller au contenu
CAF Cafés calmes

Lyon : des cafés où lire sans musique, de la Croix-Rousse aux quais

  • VilleLyon
  • QuartierCroix-Rousse
  • Momentle matin, en semaine
Par Cherlyn Branch 24 juillet 2026 6 min de lecture
Lyon : des cafés où lire sans musique, de la Croix-Rousse aux quais

Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Un Coin Tranquille peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.

À Lyon, la première chose que je fais en entrant dans un café est de lever la tête, non pas vers la carte, mais vers le plafond. Une enceinte au-dessus de la banquette, et la table est perdue d’avance. Le reste est affaire de patience : une porte qui ne claque pas, une machine à café qui souffle sans hurler, un serveur qui laisse le livre ouvert sur la table. Ce week-end-là, avec un roman de poche et un carnet à la couverture molle, j’ai cherché ces lieux-là, et la ville en a plus qu’on ne l’imagine.

Y aller depuis Bordeaux

Depuis Bordeaux, il n’existe pas de liaison aussi directe qu’on le voudrait. Le train demande environ cinq heures, souvent avec un changement, et je prends celui du vendredi en fin d’après-midi pour lire pendant le trajet. Les durées varient selon la correspondance, donc il vaut mieux garder de la marge. Depuis Paris, la gare de Part-Dieu est atteinte en un peu moins de deux heures environ ; depuis Marseille ou Genève, la durée tourne autour de la même valeur. Sur place, tout se fait à pied, en métro ou en funiculaire, et la voiture ne sert à rien.

Samedi : la pente de la Croix-Rousse

Le samedi matin commence sur la colline qui travaille. La Croix-Rousse garde de ses ateliers de soie des rues en pente, des escaliers, des cours qu’on devine derrière des portes cochères. Les cafés de pente y ont un avantage : ils sont tenus par des gens du quartier, qui ne pressent personne. Je choisis une salle un peu en retrait de la grand-place, avec de grandes vitres, des tables en bois usé et un fond sonore limité au bruit des tasses. Avant onze heures, en semaine comme le samedi, la salle appartient aux habitués avec leur journal, et un livre y passe pour une évidence.

On y reste facilement deux heures. Une seule consommation suffit pour commencer, une seconde pour ne pas abuser, et personne n’en fait une affaire. La lumière tourne sur les murs et je note ce que je vois : le rideau de fer qui remonte, la boulangère qui traverse, l’enfant qui compte les marches.

L’après-midi, je descends par les traboules jusqu’aux pentes, puis jusqu’à la Saône. Sur la Presqu’île, les cafés les plus calmes sont rarement sur les grandes places. Ils se cachent dans les rues perpendiculaires, entre une librairie et un magasin de tissus. Je cherche l’étage, la mezzanine ou l’arrière-salle : ce sont les endroits où le bruit de la rue s’arrête à la porte.

Dimanche : les quais et le vieux quartier

Le dimanche, beaucoup de commerces ferment, mais les cafés de quai tiennent. Je longe le Rhône, très large, très calme à cette heure. Les cafés posés au bord de l’eau sont souvent bruyants le soir et délicieusement vides le matin. Une table près d’une baie vitrée, un chocolat chaud, et le fleuve fait office de musique. En hiver, on s’y réchauffe les mains ; en été, une terrasse à l’ombre d’un platane garde son silence jusqu’à midi.

Vers midi, je traverse la Saône à pied pour gagner le Vieux Lyon. Les ruelles y sont chargées de monde, mais les cafés ouverts sur une cour intérieure échappent à la cohue. Je m’y arrête pour terminer mon chapitre, puis je repars sans hâte vers la colline de Fourvière, dont la montée vaut surtout pour la vue et pour le silence relatif des jardins en terrasse, que l’on rejoint par les escaliers.

« Un café où l’on peut lire n’est pas celui où l’on ne parle pas, mais celui où l’on n’a pas besoin de parler plus fort que les autres. »

Cette phrase, griffonnée dans mon carnet, résume assez bien ce que je cherche. Un lieu où le bruit existe, mais à hauteur d’homme : une conversation à la table voisine, un rire, une cuillère. Rien qui impose une ambiance.

Où dormir

Pour la nuit, deux types de lieux conviennent. Une petite chambre d’hôtes dans une maison de la Croix-Rousse, avec une cour intérieure, garantit un réveil sans moteurs. Un hôtel de taille moyenne dans le quartier des Terreaux ou près des quais est plus pratique si l’on arrive tard, et son petit-déjeuner peut servir de premier café du matin. Je préfère éviter les abords immédiats des gares et des grandes rues commerçantes, où les fenêtres laissent passer la ville entière. Mieux vaut demander une chambre sur cour au moment de réserver.

Le retour

Le dimanche en fin d’après-midi, je reprends le train depuis Part-Dieu. Les trains de retour peuvent être pleins, donc je réserve à l’avance et je garde un chapitre pour le trajet. La gare est vaste et animée ; je m’y rends avec un peu d’avance pour ne pas courir, quitte à lire sur un banc du hall.

À savoir avant de partir

  • Prévoir un livre ou un carnet, mais aussi des écouteurs : certains cafés ne sont silencieux qu’à certaines heures.
  • Viser les créneaux du matin, en semaine ou le samedi avant onze heures environ : c’est là que les salles sont les plus calmes.
  • Commander régulièrement, une boisson toutes les une à deux heures, ce qui reste la règle de politesse de ces lieux.
  • Repérer le plafond avant de s’asseoir : pas d’enceinte, pas de problème.
  • Les cafés de quai sont plus vivants en soirée ; les garder pour le matin.
  • Vérifier les jours de fermeture, surtout le dimanche et le lundi.
  • Les horaires et durées indiqués sont des ordres de grandeur : horaires et durées à vérifier avant le départ.

Lyon se prête bien à cette façon de voyager : la ville est assez grande pour offrir un choix, assez dense pour que le calme tienne dans une cour, une mezzanine ou une salle sans prétention. On y apprend vite que le silence n’est pas une absence de bruit, mais un réglage. Je rentre toujours avec quelques pages de plus et des phrases à relire dans le train, ce qui est une assez bonne mesure d’un week-end.

Et si la pluie s’invite, ce qui arrive souvent, c’est encore mieux : les vitres s’embuent, les tables se remplissent d’abord de parapluies, et le calme prend une épaisseur particulière. On a alors l’impression que la ville entière a décidé de ralentir, et qu’il suffit de s’asseoir pour en faire partie.

Dans le même tiroir

La lettre des coins calmes

Une fois par mois : trois lieux où s'asseoir dans une ville, et l'heure à laquelle y aller.

En vous inscrivant, vous acceptez la politique de confidentialité.