Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Un Coin Tranquille peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Strasbourg se parcourt au bruit de l’eau. L’Ill entoure le centre, les canaux se croisent, et l’on entend partout un clapotis lointain, une péniche qui frotte, une écluse. C’est un bon bruit pour lire. En arrivant, j’ai tout de suite compris que les cafés de la ville profiteraient de cette ambiance : de grandes fenêtres sur l’eau, des boiseries, des banquettes profondes. Je venais avec deux livres et peu de projets, ce qui est la bonne manière de s’y prendre.
Y aller depuis Bordeaux
Depuis Bordeaux, il n’y a pas de train direct rapide : le trajet est long, environ sept heures avec un ou deux changements, en général par Paris. Je pars tôt le vendredi matin pour arriver en fin d’après-midi et transformer le voyage en temps de lecture. Depuis Paris, la durée est d’environ deux heures et quart. Depuis Lyon ou Bâle, il faut compter quelques heures de plus ou de moins selon les liaisons. La gare est proche du centre ; on y marche en une quinzaine de minutes ou on prend le tram.
Samedi : la Krutenau et le quartier étudiant
Le samedi matin, je me rends à la Krutenau, un quartier de canaux et de petites rues bordées de maisons basses, où se mêlent étudiants, familles et retraités. Les cafés y sont accueillants et sans prétention. Une salle voûtée, quelques tables disparates, un fond sonore minimal. Le bruit des autres est le bruit de gens qui travaillent, et c’est une excellente compagnie. Avant onze heures environ, la salle est presque vide, et chaque table offre une vue sur l’eau ou sur une cour.
Vers midi, je marche vers l’université, dont les abords abritent quelques cafés de lecture. J’y retrouve cette ambiance particulière des quartiers étudiants hors période d’examens : des gens qui lisent, des gens qui écrivent, et personne qui parle fort.
L’après-midi, je me dirige vers la cathédrale. Ses abords sont très fréquentés, donc je les traverse sans m’y arrêter. Je préfère m’arrêter dans une rue parallèle, un peu à l’écart, où un café tenu par un couple propose une table près du poêle. L’hiver, c’est un vrai refuge ; l’été, il faut chercher un coin à l’ombre.
Dimanche : la Petite France et l’Orangerie
Le dimanche, je descends vers la Petite France, le quartier des tanneurs, avec ses maisons à colombages penchées sur l’eau. Il est très photographié, donc très fréquenté en milieu de journée. Je m’y rends à l’ouverture, quand les terrasses sont encore vides et que la lumière glisse sur les façades. Quelques cafés proposent alors des tables à l’intérieur, près des fenêtres, avec une vue sur les écluses. Je m’y installe pour la matinée, puis je pars quand les groupes arrivent.
L’après-midi, je rejoins le parc de l’Orangerie, au nord. Les allées y sont larges, les bancs nombreux, et un café discret, à l’orée du parc, sert de halte. C’est un lieu de promeneurs, pas de touristes, et le calme du dimanche y est total. Je lis jusqu’à ce que le soleil passe derrière les arbres.
« À Strasbourg, on ne traverse pas l’eau sans y penser ; on y lit comme on y respire. »
J’ai noté cette phrase dans le train du retour, sans savoir si elle était juste. Elle dit pourtant l’essentiel : dans cette ville, l’eau donne le rythme, et les cafés sont placés à sa mesure.
Où dormir
Pour la nuit, je conseille un hôtel de petite taille ou une chambre d’hôtes dans la Krutenau ou autour de l’Ill, plutôt qu’aux abords immédiats de la cathédrale, très animés le soir. Le quartier de la Petite France est charmant mais fréquenté tard le samedi. Demander une chambre côté cour est une bonne précaution. Pour une arrivée tardive, un hôtel proche de la gare convient, avec l’avantage d’un départ facile le dimanche soir.
Le retour
Le dimanche en fin d’après-midi, je prends le train de retour. Le trajet est long : j’emporte de quoi lire, de l’eau et une petite collation. Les correspondances peuvent être serrées ; je choisis un horaire avec une marge confortable. La gare de Strasbourg est vaste, animée, et son hall très lumineux permet de lire en attendant le départ.
À savoir avant de partir
- Prévoir un vrai pull : en hiver, les trajets entre deux cafés sont froids.
- Arriver à la Petite France à l’ouverture des cafés, avant la foule.
- La Krutenau est plus calme en semaine et le samedi matin que le vendredi soir.
- Le marché de Noël change complètement l’ambiance en décembre : à éviter pour qui cherche le silence.
- Commander régulièrement une boisson pour rester à l’aise.
- Certains cafés ferment le dimanche ou le lundi : vérifier avant de partir.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ : les chiffres sont approximatifs.
Strasbourg se laisse aborder par ses côtés tranquilles. La ville est connue pour ses monuments et ses marchés, mais elle cache des salles tièdes, des quartiers lents, des berges où l’on peut lire sans que personne ne vous dérange. Un week-end suffit à en prendre la mesure, à condition de ne rien chercher d’autre que de la place pour s’asseoir.
Je repars chaque fois avec le même souvenir : une fenêtre qui donne sur l’eau, un livre ouvert, une tasse qui refroidit sans que je m’en soucie. C’est peu de chose, et c’est exactement ce que je venais chercher.



