Aller au contenu
JAR Jardins & cours cachées

Lyon : cinq jardins à l’écart où poser un carnet

  • VilleLyon
  • QuartierPentes de la Croix-Rousse
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 22 juin 2026 6 min de lecture
Lyon : cinq jardins à l'écart où poser un carnet

Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Un Coin Tranquille peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.

Le premier banc de la journée se trouve au bout d’une montée, derrière un portail qui ressemble à celui d’une cour d’immeuble. Il suffit de le pousser. Les bruits de la rue s’arrêtent à peu près au troisième pas, remplacés par un merle et par le frottement d’un râteau quelque part plus bas. À Lyon, la plupart des jardins qui valent le détour ne se voient pas depuis le trottoir : ils s’accrochent aux pentes, s’étagent derrière des murs de pierre dorée, et il faut accepter de monter pour les trouver.

Ce texte suit un week-end de lecture et de marche lente entre les deux collines, avec une idée fixe : trouver des endroits où l’on peut rester assis une heure entière sans que personne ne s’en étonne.

Les pentes de la Croix-Rousse : le jardin des Chartreux et ses voisins

Sur les pentes, entre la place des Terreaux et le haut de la colline, le relief joue en faveur de celui qui cherche le calme. Le jardin des Chartreux, perché au-dessus du quartier, offre une terrasse tournée vers la colline d’en face. On y vient pour le point de vue, certes, mais surtout pour les bancs placés de biais, qui évitent de regarder son voisin. En semaine, le matin, les seuls bruits sont ceux des écoliers qui passent plus loin et des pigeons qui règlent leurs comptes sur la balustrade.

Un peu plus haut, le dédale des traboules prolonge l’expérience. Ces passages couverts, qui traversent les immeubles d’une rue à l’autre, mènent parfois à des cours intérieures où quelques pots, un figuier et un banc suffisent à faire un jardin. Certaines sont ouvertes au public à certaines heures, d’autres non : l’usage est de passer discrètement, de ne rien toucher et de ne pas s’attarder devant les portes d’habitation.

Fourvière : le jardin du Rosaire et le jardin des Hauteurs

De l’autre côté de la Saône, la colline de Fourvière a ses propres escaliers. Le jardin du Rosaire descend depuis la basilique par un chemin en lacets, ponctué de stations et de massifs. Le sentier est assez étroit pour que les groupes, nombreux autour de l’esplanade, ne s’y engagent presque jamais. À mi-pente, un replat permet de s’arrêter, de sortir un livre, de regarder les toits de la Presqu’île se dérouler sans bruit.

Le jardin des Hauteurs prolonge cette logique : des terrasses, des plantations en gradins, des escaliers qui obligent à ralentir. J’y ai lu une trentaine de pages d’un roman de Georges Perec sans lever la tête, ce qui, pour une première matinée de voyage, est un bon signe. L’endroit est fréquenté par des habitants du quartier plus que par des visiteurs, et on le sent à la manière dont chacun garde son rayon de silence.

Le parc de la Tête d’Or, côté serres

Le grand parc de la Tête d’Or n’est pas un secret, mais il possède des recoins qu’on oublie. Du côté du jardin botanique et des serres, les allées se vident dès qu’on s’éloigne du lac. Les bancs sous les grands arbres, le long des plates-bandes, sont l’endroit idéal pour une pause de début d’après-midi, au moment où la ville digère son déjeuner. Il vaut mieux y aller un jour de semaine ; le dimanche, le parc appartient aux familles, ce qui est très bien, mais pas à la lecture.

Comment y aller

Depuis Bordeaux, le trajet jusqu’à Lyon prend environ six heures en train, avec en général un changement, ou un peu moins selon les correspondances. Depuis Paris, il faut compter environ deux heures. Sur place, la ville se parcourt à pied et en métro : la ligne qui monte vers la Croix-Rousse et le funiculaire de Fourvière évitent les pires raidillons. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Deux jours, sans programme serré

Samedi

Arrivée en fin de matinée, dépôt des sacs, puis déjeuner léger près de la gare ou des Terreaux. L’après-midi appartient aux pentes de la Croix-Rousse : montée lente jusqu’au jardin des Chartreux, une heure sur un banc, puis descente par les traboules en acceptant de se tromper de porte. En fin de journée, la lumière rase sur la Saône fait de la berge un bon dernier banc. Le soir, mieux vaut un dîner simple et tôt qu’une soirée à chercher une table dans le Vieux-Lyon, où l’affluence du samedi gâche le plaisir.

Dimanche

Le dimanche, on prend la direction opposée : traversée de la Saône, montée vers Fourvière avant que les groupes n’arrivent, descente par le jardin du Rosaire en prenant son temps. Vers midi, la ville se remplit, et c’est le bon moment de redescendre vers le centre pour manger. L’après-midi peut accueillir un détour par le parc de la Tête d’Or, côté serres, ou un simple café lu au bord de l’eau avant de reprendre le train.

Où dormir

Pour une seule nuit, le plus agréable est un petit hôtel ou une chambre d’hôtes sur les pentes de la Croix-Rousse : on y dort sur une rue en pente, loin des bars, et on a le premier jardin à dix minutes de marche. Le quartier de la Presqu’île est plus commode pour les trains mais plus sonore le samedi soir. Dans tous les cas, demander une chambre sur cour reste la meilleure précaution.

Le retour

Le train du dimanche soir est souvent plein de gens qui rentrent avec des sacs de marché. Mieux vaut prendre un départ en milieu d’après-midi, si l’on veut garder une heure de jardin avant la gare, et réserver une place assise. Dans le wagon, le carnet sert alors à noter les trois choses qu’on a entendues : un merle, une fontaine, une cloche.

À savoir avant de partir

  • Certains jardins ferment à la tombée de la nuit ou selon les saisons : vérifier les horaires d’ouverture avant d’y monter.
  • Prévoir des chaussures à semelle accrochante, les escaliers de pierre sont glissants après la pluie.
  • Les traboules sont des passages privés ouverts avec tolérance : parler bas, ne pas photographier les portes d’habitation.
  • Emporter de l’eau et un en-cas, car les jardins en hauteur n’ont pas toujours de buvette.
  • Éviter le dimanche après-midi dans les grands parcs si l’on cherche le silence.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ, en particulier pour le train et le funiculaire.

Dans le même tiroir

La lettre des coins calmes

Une fois par mois : trois lieux où s'asseoir dans une ville, et l'heure à laquelle y aller.

En vous inscrivant, vous acceptez la politique de confidentialité.