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Au jardin du Pharo, à Marseille, un banc au bout de la pelouse regarde l’entrée du Vieux-Port, avec le fort Saint-Jean à droite et la passerelle du MuCEM en face. J’y ai fait halte un matin de septembre, un livre sous le bras, et j’y ai traîné jusqu’à ce que le soleil devienne trop fort. Marseille n’a pas la réputation d’une ville tranquille, mais elle compte des promontoires, des criques et des promenades où l’on peut s’asseoir longtemps sans que rien ne presse.
Ce guide suit trois niveaux de la ville : les quais du Vieux-Port, les hauteurs du Pharo et de Notre-Dame de la Garde, puis la côte vers le petit port du Vallon des Auffes. Un week-end permet de les relier à pied ou en bus.
Comment y aller
Depuis Paris, le TGV rejoint Marseille en environ trois heures, vers la gare Saint-Charles. Depuis Lyon, il faut compter environ une heure et demie à deux heures. Depuis Toulouse, le trajet dure environ quatre heures avec un changement possible. La gare Saint-Charles surplombe le centre, et un grand escalier descend vers le boulevard d’Athènes ; de là, le Vieux-Port est à environ vingt minutes à pied ou quelques stations de métro. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Samedi : le Vieux-Port et le Pharo
Le matin, je descends jusqu’au Vieux-Port tôt, avant le marché aux poissons et la foule. Les quais sont alors presque vides, avec les bateaux qui tanguent doucement et les mouettes qui crient. Un banc côté sud, près de l’hôtel de ville, offre une vue sur le port et sur Notre-Dame de la Garde au sommet de la colline. C’est un moment sonore particulier, fait d’eau, de cordages et de voix lointaines.
En milieu de matinée, je longe le quai vers l’ouest jusqu’au jardin du Pharo, un parc en terrasse qui domine l’entrée du port. Les bancs, dans l’herbe et à l’ombre des pins, offrent l’un des plus beaux points de vue de la ville, avec le fort Saint-Jean et le MuCEM à portée de regard. L’endroit est fréquenté, mais ses grandes pelouses laissent de la place pour s’isoler. J’y ai passé la fin de la matinée à lire.
L’après-midi, un déjeuner de produits achetés au marché, face à la mer, puis une marche sur la promenade qui longe le fort Saint-Jean et la passerelle du MuCEM. La lumière de l’après-midi est vive ; on y cherche l’ombre plutôt que le soleil.
Dimanche : la colline et la côte
Le dimanche, je monte à Notre-Dame de la Garde, le célèbre belvédère de Marseille. La montée est raide, par les rues à pied ou en bus, et le parvis offre une vue sur toute la ville, la rade et les îles. Il est très fréquenté en journée, donc arriver tôt, vers le début de la matinée, est une bonne idée. Les bancs y sont rares, mais les rebords de pierre servent de sièges, et on peut rester un moment à regarder les toits.
En début d’après-midi, je rejoins la Corniche Kennedy, la route qui longe la mer vers l’est du centre. Des bancs et des rochers aménagés permettent de s’asseoir face à la mer, avec la vue sur les îles du Frioul. Le Vallon des Auffes, un petit port de pêche niché sous un pont, offre un coin plus calme, avec des barques colorées et un quai étroit. En fin de journée, la lumière sur l’eau y est très belle, et c’est un lieu où l’on a le sentiment d’être en dehors de la ville.
Où dormir
Pour une nuit, un petit hôtel ou une chambre d’hôtes près du Vieux-Port permet de partir à pied sur les quais dès le matin. Une autre option, plus calme, consiste à choisir un hébergement dans le quartier de Endoume ou près du Pharo, avec des rues en pente et des vues sur la mer. Éviter les rues très animées du Panier ou du Cours Julien si le silence nocturne compte.
Le retour
Pour un train du dimanche soir, je termine souvent par une dernière marche sur le Vieux-Port, puis je rejoins la gare Saint-Charles en métro. Prévoir une marge d’au moins quarante minutes permet d’éviter la course dans les escaliers de la gare.
Ce que la mer apprend
Marseille ne se laisse pas résumer, mais elle offre à qui s’arrête de grandes plages de silence relatif : un banc au bout d’une pelouse, un rocher plat au bord de la Corniche, un muret chauffé par le soleil. Ce week-end m’a rappelé qu’on peut visiter une ville du Sud sans courir, à condition de choisir les heures et les endroits. Le matin appartient aux promontoires, le soir aux petits ports ; entre les deux, l’ombre d’un pin et un livre suffisent largement.
À savoir avant de partir
- Le mistral peut souffler fort et transformer les quais en lieu peu agréable ; vérifier la météo avant de partir.
- En été, la chaleur est vive entre midi et seize heures environ ; chercher l’ombre ou rester à l’intérieur à ces heures.
- Prévoir de bonnes chaussures : les montées vers Notre-Dame de la Garde sont raides.
- Les week-ends ensoleillés, la Corniche et le Vallon des Auffes se remplissent ; arriver tôt aide.
- Emporter de l’eau : les points de vente sont rares sur certaines promenades.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ, notamment pour les trains et les bus.
Marseille se laisse apprivoiser par ses hauteurs et ses rives. Il suffit de choisir un promontoire, de s’y arrêter, et de regarder la mer faire le travail.



