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JAR Jardins & cours cachées

Montpellier : le plus ancien jardin botanique et ses voisins

  • VilleMontpellier
  • QuartierÉcusson, Boutonnet
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 3 décembre 2025 5 min de lecture
Montpellier : le plus ancien jardin botanique et ses voisins

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Un portail discret, une grille ouverte, et l’on pénètre dans un jardin fondé à la fin du seizième siècle, le plus ancien jardin botanique de France. Le jardin des Plantes de Montpellier ne cherche pas à impressionner : ses allées en gravier sont bordées de bambous, de palmiers, de camphriers, et un vieux mur ferme le fond. Les étudiants de la faculté de médecine voisine s’y réfugient pour réviser. Ils parlent peu, ce qui est précieux.

Ce week-end avait un objectif simple : traverser Montpellier en cherchant des jardins plutôt que des places, et noter ce que l’on y entend.

Le jardin des Plantes

Le jardin se parcourt lentement. Les parterres de plantes médicinales, les serres, l’orangerie et le bassin forment une succession de petits espaces qui se découvrent un à un. On peut y rester une matinée entière sur un banc à l’ombre, avec un livre, sans que personne ne s’étonne. Le meilleur moment est tôt, avant que les visiteurs n’arrivent, ou en fin d’après-midi quand la lumière tombe sur les palmiers. Les grandes chaleurs de l’été sont adoucies par les arbres.

À côté, la cathédrale Saint-Pierre et la faculté de médecine ajoutent une dimension de calme érudit : des cours aux murs de pierre, des escaliers monumentaux, des silences de bibliothèque.

L’Écusson : cours et passages

Le centre historique de Montpellier, l’Écusson, est un dédale de ruelles étroites où l’on se perd volontiers. De nombreux hôtels particuliers ouvrent sur des cours intérieures, parfois visibles depuis la rue, parfois visitables à certaines heures. Les ruelles du quartier de la cathédrale et celles autour de la rue de l’Argenterie sont calmes en semaine. Un bon plan : suivre les murs en pierre blonde, pousser une porte entrouverte avec discrétion, et s’excuser si l’on s’est trompé.

Le Peyrou et l’aqueduc

La promenade du Peyrou, à l’ouest de l’Écusson, est une grande terrasse plantée d’arbres avec un château d’eau et une vue sur les collines. Les grandes allées sont fréquentées par des promeneurs, mais elles restent calmes tôt le matin. Le jardin de la Reine, adjacent, offre une atmosphère plus intime. L’aqueduc Saint-Clément, qui s’étire derrière le château d’eau, donne à la promenade un décor de pierre et de ciel.

Boutonnet et le parc Montcalm

Au nord du centre, le quartier Boutonnet est plus résidentiel, avec des rues bordées d’arbres, des petits squares, des bancs à l’ombre. C’est un quartier de personnes qui vivent là, ce qui se sent à la discrétion des lieux. Pour un après-midi différent, on peut gagner un parc plus vaste à la périphérie, mais le centre suffit largement pour un week-end.

Ce qu’on entend, ce qu’on lit

Montpellier a la voix du Sud, un peu chantante, que l’on entend dans les marchés et les cafés. Dans les jardins, elle devient murmure. Le jardin des Plantes est animé par des oiseaux qui profitent des grands arbres, par le goutte-à-goutte d’un arrosage, par le pas régulier d’un employé qui ratisse le gravier. Rien de tout cela ne dérange.

Pour lire ici, un livre sur les plantes ou sur la médecine a une saveur particulière, puisque le jardin fut d’abord un lieu d’étude. À défaut, un roman de Jean Giono ou un recueil de poèmes de Paul Valéry, né à Sète, donne un fond marin à la lecture. Un carnet servira à noter les noms inscrits sur les étiquettes, qui sonnent comme des formules magiques.

La règle de ce week-end : ne rien programmer après seize heures. Dans le Sud, le soir est la meilleure heure des jardins.

Comment y aller

Depuis Bordeaux, le train met environ quatre heures, avec parfois un changement à Toulouse. Depuis Paris, le train rapide met environ trois heures et demie. Depuis Lyon, il faut compter environ deux heures. Sur place, le tramway dessert le centre et les gares, et la ville est assez compacte pour se parcourir à pied. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Deux jours, sans programme serré

Samedi

Arrivée en fin de matinée, déjeuner léger près de la gare Saint-Roch, puis marche lente vers l’Écusson. L’après-midi s’organise autour du jardin des Plantes : une longue pause au bord du bassin, un tour des serres, puis un café en terrasse dans le quartier de la faculté. Le soir, dîner dans une rue calme, loin de la place de la Comédie.

Dimanche

Le dimanche matin, la ville est vide et douce. Direction le Peyrou et l’aqueduc, puis le jardin de la Reine. Déjeuner simple dans un restaurant de quartier. Début d’après-midi : retour dans les ruelles de l’Écusson, en quête de cours ouvertes, puis dernière heure sur un banc avant de rejoindre la gare.

Où dormir

Un petit hôtel ou une chambre d’hôtes dans l’Écusson, côté cathédrale, convient pour une nuit : les rues sont étroites, souvent silencieuses le dimanche, et les jardins sont à quelques minutes. Le quartier de la gare est pratique mais plus bruyant. Éviter les abords immédiats de la place de la Comédie le week-end soir.

Le retour

La gare Saint-Roch est à quinze minutes à pied de l’Écusson. Il vaut mieux partir sans se presser, avec un en-cas, et réserver une place assise pour le soir. Dans le train, la lumière du Languedoc donne envie de regarder par la fenêtre plutôt que de lire, et c’est très bien ainsi.

À savoir avant de partir

  • Le jardin des Plantes a des horaires saisonniers et peut fermer certains jours : vérifier avant de s’y rendre.
  • L’été, la chaleur est forte : marcher tôt, boire souvent, chercher l’ombre.
  • Les cours d’hôtels particuliers sont parfois fermées ; ne jamais forcer une porte.
  • Les week-ends de fête, le centre est saturé : préférer les jours de semaine.
  • Prévoir des chaussures confortables, les pavés de l’Écusson sont inégaux.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ, en particulier pour les trains.

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