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CAF Cafés calmes

Nantes : des cafés calmes pour écrire un après-midi entier

  • VilleNantes
  • QuartierGraslin
  • Momentavant 11 h
Par Cherlyn Branch 2 mai 2026 5 min de lecture
Nantes : des cafés calmes pour écrire un après-midi entier

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À Nantes, il pleut parfois sans prévenir, et c’est très bien pour qui cherche un café. Une averse à onze heures et toute la ville se réfugie sous les auvents ; les bonnes salles se remplissent d’abord de manteaux mouillés, puis le silence revient, épais, avec le bruit de la pluie sur les vitres. Avec un cahier à spirale et l’idée d’avancer sur un texte laissé en plan, j’ai trouvé sans effort des tables pour cela.

Y aller depuis Bordeaux

Depuis Bordeaux, le train demande environ quatre heures, parfois un peu plus avec un changement. Je prends celui du vendredi soir pour avoir une vraie matinée le lendemain. Depuis Paris, la durée est d’environ deux heures. Une fois sur place, le tramway et la marche suffisent, et la gare, côté nord, ouvre directement sur le centre : on atteint le cœur de la ville en quelques minutes à pied.

Samedi : du Bouffay à Graslin

Le samedi matin, je commence par le quartier du Bouffay, ses rues piétonnes et ses maisons à pans de bois. Le bruit y monte vite en fin de matinée, donc je m’y rends tôt. Les cafés de ce secteur sont d’abord des lieux d’habitués : un comptoir, quelques tables, un patron qui connaît les prénoms. Je prends la table du fond, près du mur, et j’écris deux heures. Personne ne regarde l’horloge.

Vers midi, je marche jusqu’à Graslin, autour du théâtre et du passage Pommeraye, cette galerie à étages où la lumière tombe d’une verrière. Les cafés du quartier sont plus soignés, un peu plus chers sans doute, mais leurs salles du premier étage sont souvent désertes l’après-midi. C’est une règle que je vérifie partout : monter d’un niveau, c’est gagner du silence.

L’après-midi, un détour par le jardin des Plantes permet de reposer les yeux. Je ne m’y attarde pas longtemps, car le but du week-end est de rester longtemps à une table et de produire des phrases, mais un banc au milieu des serres et des allées sert de pause entre deux cafés.

Dimanche : l’île et la Loire

Le dimanche, je traverse la Loire vers l’île de Nantes. Le quartier a été remodelé autour des anciens chantiers navals, avec de grands hangars, des machines, des quais larges. On pourrait craindre le bruit des visiteurs, mais en dehors des animations, les cafés installés dans d’anciens bâtiments industriels offrent de grands volumes calmes. La hauteur sous plafond absorbe le bruit : on entend les voix sans comprendre les mots, ce qui est le meilleur des fonds sonores.

Je m’installe près d’une baie qui donne sur le fleuve. Les péniches passent lentement, une bicyclette longe le quai, et l’on se surprend à écrire plus doucement. Le dimanche après-midi, la ville se ralentit encore. Les familles marchent le long de l’eau, les cafés servent des gaufres sans hâte, et personne ne vous demande de libérer la table.

« On écrit mieux là où l’on n’a rien à prouver. »

C’est la phrase que j’ai notée à la fin du dimanche, sans trop savoir si elle était de moi ou d’un livre lu autrefois. Elle dit pourtant ce que je cherche dans ces cafés : un endroit où l’on n’a pas à jouer le rôle du client pressé ni de l’écrivain.

Où dormir

Pour la nuit, je conseille un hôtel de petite taille dans le centre, entre Graslin et le Bouffay, ou une chambre d’hôtes dans un quartier résidentiel un peu à l’écart, vers l’Erdre. Le centre piéton est calme la nuit en semaine, mais le samedi soir, certaines rues vivent tard. Demander une chambre sur cour ou à un étage élevé évite les surprises. Je choisis volontiers un lieu à dix minutes de marche du centre, ce qui donne une vraie promenade avant le premier café.

Le retour

Le dimanche en fin d’après-midi, je reprends le train vers Bordeaux. La gare est proche des quartiers que j’ai parcourus, donc rien ne m’oblige à quitter ma table avant la dernière heure. J’arrive avec une marge confortable, je termine une page dans le hall, puis je monte. Pendant le trajet, je relis ce que j’ai écrit : la plupart des phrases tiennent, certaines sont à reprendre, et c’est exactement l’état d’esprit d’un bon week-end.

À savoir avant de partir

  • Emporter un carnet ou un ordinateur léger, et vérifier que la batterie tient : les prises ne sont pas toujours accessibles.
  • Choisir les cafés qui ont un étage ou une arrière-salle : le calme s’y installe plus longtemps.
  • Arriver avant onze heures environ pour avoir le choix de la table.
  • Commander une seconde boisson après une heure ou deux, par simple politesse.
  • Prévoir un parapluie : à Nantes, la pluie fait partie du décor, et elle n’est pas un obstacle.
  • Les cafés du centre sont plus animés le samedi en fin de journée.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ : les chiffres donnés ici sont approximatifs.

Nantes ne cherche pas à impressionner, et c’est ce qui la rend agréable pour qui veut s’asseoir longtemps. Les cafés y sont des lieux de passage où l’on peut aussi s’installer, ce qui est rare. Un week-end suffit pour comprendre comment la ville respire : tôt le matin, dans la bonne lumière, avec un cahier ouvert et le sentiment que rien d’urgent n’attend.

Je repars chaque fois avec le même constat : un café calme ne se reconnaît pas à sa décoration, mais à la manière dont on s’y sent autorisé à rester. À Nantes, cette autorisation est donnée dès la porte, sans cérémonie, et cela suffit largement à remplir un week-end entier.

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