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Sur la terrasse panoramique du barrage Vauban, à Strasbourg, le vent fait claquer les drapeaux et la ville s’étale en contrebas : l’Ill qui se divise, les toits pentus de la Petite France, les tours de la cathédrale au loin. J’y ai passé une bonne heure sur le rebord de pierre, sans que personne ne vienne perturber la vue. Strasbourg est une ville d’eau plus qu’on ne le dit, avec des quais bas, des canaux étroits et des promenades qui permettent de s’asseoir longtemps.
Ce guide suit les rives de l’Ill et quelques points de vue que j’ai trouvés agréables pour lire ou écrire. Pas de visite de musée, pas de marché de Noël : seulement des quais, des bancs et des perspectives.
Comment y aller
Depuis Paris, le TGV rejoint Strasbourg en environ deux heures vingt. Depuis Lyon, il faut compter un trajet plus long, de l’ordre de quatre à cinq heures environ, selon la liaison et un éventuel changement. Depuis Bruxelles ou Luxembourg, le train dessert aussi la ville. La gare est à quinze minutes de marche du centre historique, ce qui facilite beaucoup l’arrivée. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Samedi : la Petite France et les quais de l’Ill
Le matin, je descends vers la Petite France, le quartier aux maisons à colombages qui borde les canaux. En semaine ou tôt le samedi, quand les groupes ne sont pas encore arrivés, on trouve des bancs le long du quai, face aux écluses. L’eau est calme, les façades se reflètent, et on entend l’eau couler plus que les conversations. Le quai des Bateliers, plus à l’est, laisse un peu plus de place pour s’asseoir, avec des arbres qui donnent de l’ombre l’été.
En milieu de journée, je traverse les ponts couverts, aux tours médiévales, pour rejoindre la terrasse du barrage Vauban. L’accès est libre, et le toit offre un panorama sur la Petite France et sur la cathédrale. En semaine, l’endroit est paisible ; le samedi, il se remplit en début d’après-midi, d’où l’intérêt d’y monter avant midi. Le vent peut y être frais même en été, donc une veste légère est utile.
L’après-midi, je suis le quai Saint-Thomas, vers l’église du même nom, puis la rive de l’Ill vers le nord. Les promenades bordées de platanes, côté quartier de la Krutenau, sont fréquentées par des habitants, des étudiants, des personnes âgées qui lisent. On peut s’y installer sans commander quoi que ce soit, ce qui est précieux en ville.
Dimanche : le parc et l’autre Strasbourg
Le dimanche, je prends un peu de distance avec le centre. Le parc de l’Orangerie, au nord-est, est un grand espace vert avec un lac, des cigognes dans leurs nids en saison et de nombreux bancs sous les arbres. L’ambiance y est celle d’un dimanche familial, avec des enfants qui courent, mais il reste toujours un coin tranquille près de l’eau. J’y ai débarqué tôt et j’ai lu une heure avant que le parc ne s’anime.
De là, une marche vers le quartier allemand, le Neustadt, construit à l’époque impériale, offre un autre visage de la ville : de larges avenues, de grands immeubles de pierre, des places arborées où l’on peut s’arrêter. La place de la République, avec son jardin, est un lieu où l’on s’assoit volontiers pour regarder les passants. On y sent un Strasbourg moins touristique, plus quotidien.
En fin de journée, je reviens vers l’eau en passant par les quais du bassin des Remparts, où la lumière du soir donne aux bords du canal une teinte chaude. C’est un bon endroit pour clore un week-end sans se presser.
Où dormir
Pour une nuit, deux solutions. Un petit hôtel ou une chambre d’hôtes dans la Krutenau, un quartier de rues paisibles bordées de petites maisons, permet de profiter des quais le soir comme le matin. Une alternative est de choisir un hébergement dans le Neustadt, plus calme, avec des immeubles plus grands et des rues larges. Le cœur de la Petite France est charmant mais devient bruyant le soir en haute saison ; il vaut mieux y venir pour la journée plutôt que d’y dormir.
Le retour
La gare étant proche du centre, on peut profiter du quai jusqu’en fin d’après-midi avant de rejoindre le train. Je choisis souvent de terminer par une promenade le long du canal des Faux-Remparts, à quelques minutes de la gare, pour un dernier moment au calme avant le départ. Prévoir une marge d’environ une demi-heure avant le train suffit.
Ce que l’eau apprend
À Strasbourg, l’eau est partout, mais rarement bruyante. Les bras de l’Ill se divisent, se rejoignent, passent sous des ponts bas, et créent une succession de petits décors où l’on peut s’arrêter. J’ai fini par choisir mes bancs selon le son : celui des écluses pour le matin, celui du feuillage pour l’après-midi, celui d’un carillon lointain pour la fin de journée. Cette façon de faire donne un rythme au week-end, sans programme à suivre ni liste à cocher, et elle convient bien à ceux qui voyagent avec un livre.
À savoir avant de partir
- La terrasse du barrage Vauban se visite surtout en journée ; vérifier son ouverture avant de monter.
- Le vent peut être frais sur les hauteurs ; prévoir une veste même l’été.
- En période de marché de Noël, le centre devient très fréquenté ; mieux vaut éviter ces semaines pour un séjour calme.
- Les quais de la Petite France sont étroits ; éviter les heures de pointe des groupes, en milieu de journée.
- Emporter de quoi boire : les commerces proches des quais ne sont pas toujours ouverts le dimanche.
- Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Strasbourg se prête bien à la lenteur : il suffit de suivre l’eau, de s’asseoir où le quai s’élargit, et de laisser la ville défiler.



