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LEC Bibliothèques & salles de lecture

Aix-en-Provence : la bibliothèque Méjanes et ses salles d’ombre

  • VilleAix-en-Provence
  • QuartierCité du Livre
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 17 mai 2026 5 min de lecture
Aix-en-Provence : la bibliothèque Méjanes et ses salles d'ombre

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Aix-en-Provence a une réputation d’élégance, de fontaines et de terrasses. Ce qu’on dit moins, c’est qu’elle est aussi une ville de lecteurs, avec une grande bibliothèque installée dans un ancien bâtiment d’allumettes, une université, des librairies et des jardins où personne ne vous presse. J’y ai passé un week-end de septembre, quand les touristes d’été étaient partis et que les platanes commençaient à jaunir.

Y aller depuis Bordeaux

Depuis Bordeaux, le chemin passe par Toulouse puis Marseille ou Montpellier, avec une correspondance au moins. Il faut compter environ 6 h, parfois un peu plus. À l’arrivée, selon le train, on descend à Aix-en-Provence TGV, en dehors de la ville, ou à la gare du centre, plus pratique. Une navette ou un car relie la gare TGV au centre-ville en environ un quart d’heure. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Samedi : la bibliothèque Méjanes à la Cité du Livre

La bibliothèque Méjanes est installée à la Cité du Livre, dans une ancienne manufacture d’allumettes réaménagée. Le bâtiment conserve de grandes halles de brique, avec des verrières, des poutrelles métalliques, une hauteur de plafond qui donne de l’air. Les salles de lecture y sont vastes, la lumière entre largement, et le lieu rassemble un public d’étudiants, de chercheurs, de lecteurs de quartier. L’accès à la consultation sur place est généralement ouvert, mais certaines collections, notamment les fonds anciens, ont des conditions particulières à vérifier.

Je m’y rends le matin, avant l’afflux, et je choisis une table calme près des hauts volumes. Le plus frappant, c’est le contraste entre la sobriété industrielle du lieu et la douceur de ce qu’on y fait : lire, noter, tourner une page. Il y a quelque chose de rassurant à lire dans une ancienne usine, comme si le bâtiment avait fini par apprendre le silence.

À midi, le centre-ville est à quelques minutes. Plutôt que le cours Mirabeau, très animé, je cherche les places secondaires : la place des Cardeurs, la place de l’Hôtel-de-Ville quand le marché n’y est pas, les ruelles du quartier Mazarin avec leurs hôtels particuliers. On marche lentement, on regarde les portes, on lit les plaques. L’après-midi, la fontaine de la Rotonde ou les jardins du pavillon Vendôme permettent d’ouvrir à nouveau le livre à l’ombre.

Dimanche : jardins, atelier et colline

Le dimanche, les bibliothèques sont fermées, mais la ville offre des alternatives. Le jardin du pavillon de Vendôme est un petit espace clos, géométrique, calme, avec des bancs et un bassin. Tout près, la cathédrale Saint-Sauveur et son cloître sont des lieux de pause, au calme de leurs pierres. Le cloître se visite à certaines heures, ce qui est à vérifier.

L’atelier de Cézanne, au nord de la ville, est une visite qui se prête à un rythme lent : le jardin, la petite maison, la pièce où le peintre travaillait. Le lieu est modeste et sans éclat, et on le quitte avec le sentiment d’avoir été à bonne école. Je réserve la visite à l’avance et je choisis un créneau tôt pour éviter les groupes. Plus haut, la colline des Lauves invite à une marche courte, avec des pins et des chemins de terre, où l’on peut s’arrêter sur une pierre plate pour lire un paragraphe en écoutant les cigales.

Une halte au bord de la Torse ou dans l’un des parcs urbains permet de finir la journée sans effort. J’aime y relire mes notes du samedi, voir ce qui tient, ce qui s’est effacé. Presque toujours, ce sont les sons qui reviennent : une fontaine, des pas sur le gravier, une page qu’on tourne.

Entre deux étapes, je tiens une règle : une salle de lecture le matin, un jardin l’après-midi, et rien d’autre. Aix est une ville où l’on a vite fait de tout parcourir, et c’est une chance, car elle laisse du temps pour ne rien faire. Dans le carnet, je note les sons : les fontaines, les cigales quand la saison s’y prête, le froissement des pages dans la halle. Ils donnent à la ville une épaisseur que les cartes postales ne rendent pas, et c’est ce que je rapporte, plus que des photographies.

Une nuit : où dormir

Pour dormir, le quartier Mazarin, au sud du cours Mirabeau, est l’un des plus calmes du centre, avec ses rues droites et ses hôtels particuliers. Les alentours de la place des Cardeurs offrent des chambres d’hôtes de petite taille. Je préfère éviter le haut du cours Mirabeau et les rues proches des bars. Une chambre sur cour, avec volets, est ce qui convient le mieux, surtout l’été quand les nuits sont chaudes et qu’on laisse la fenêtre ouverte.

Le retour

Le retour se fait par le même chemin, avec une correspondance. Je prends un train en milieu d’après-midi pour ne pas rentrer trop tard. On arrive à Bordeaux après environ 6 h de voyage. C’est long, mais le roman a le temps de se terminer. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

À savoir avant de partir

  • Consulter le site de la bibliothèque pour les règles d’accès, les fonds anciens et les jours de fermeture.
  • Réserver à l’avance la visite de l’atelier de Cézanne, les places étant limitées.
  • Prévoir de quoi marcher sur des pavés : la vieille ville est un peu irrégulière.
  • En été, la chaleur est forte en début d’après-midi : privilégier le matin et la fin de journée.
  • La navette de la gare TGV peut être surchargée : prévoir une marge.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

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