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CLO Cloîtres & lieux de silence

Arles : les Alyscamps et le cloître Saint-Trophime, sans se presser

  • VilleArles
  • QuartierAlyscamps
  • Momenten semaine, tôt
Par Cherlyn Branch 2 juillet 2026 5 min de lecture
Arles : les Alyscamps et le cloître Saint-Trophime, sans se presser

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Une allée de cyprès, des sarcophages vides alignés comme des barques à sec, et le frottement des feuilles de platane sous les pieds : c’est ainsi que commencent les Alyscamps, à Arles. Au Moyen Âge, on voulait y être enterré, et la réputation du lieu courait toute la chrétienté. Aujourd’hui, c’est surtout un endroit où l’on vient s’asseoir pour écouter un vent sec qui traîne dans les arbres. Peu de lieux en France donnent aussi bien cette impression de lenteur partagée avec le passé.

Arles est connue pour ses arènes, ses fêtes et ses photographes. En dehors de ces moments forts, elle cache un chapelet de lieux calmes : une nécropole romaine, un cloître roman, des chapelles et des ruelles où le soleil ne pénètre qu’à l’heure du déjeuner. Voici comment je les ai parcourus.

Les Alyscamps, une allée pour marcher lentement

La nécropole des Alyscamps, située à l’extérieur du centre ancien, est une promenade bordée de tombeaux de pierre. L’église Saint-Honorat, au bout, est en partie ruinée, ce qui donne au lieu une poésie particulière. Van Gogh et Gauguin l’ont peinte, et l’on comprend pourquoi : la lumière s’y fragmente entre les troncs. En semaine, le matin, on croise parfois plus d’oiseaux que de visiteurs. Je recommande d’y marcher doucement, puis de s’asseoir sur un muret à l’ombre. Un livre de Jean Giono ou de Frédéric Mistral, auteurs de la région, trouve naturellement sa place dans ce paysage.

Les Alyscamps ne demandent rien : ni explication, ni hâte. Ils offrent une allée et du temps.

Le cloître Saint-Trophime

Dans le centre, près de la place de la République, le cloître de Saint-Trophime associe galeries romanes et gothiques. Les chapiteaux sculptés racontent des scènes bibliques, mais l’intérêt est aussi dans l’espace lui-même : un petit jardin carré, un banc dans l’angle et des arcades qui isolent du bruit de la ville. On y trouve parfois des visiteurs mais rarement du vacarme. Mieux vaut y aller tôt, avant que les groupes ne débarquent.

L’église Saint-Trophime elle-même, voisine, a un portail célèbre. À l’intérieur, la lumière est dense et la nef reste fraîche l’été, ce qui n’est pas négligeable dans le Sud.

Ruelles et placettes pour finir la journée

Entre le Rhône et les arènes, des ruelles se faufilent entre des façades d’ocre et de blanc. Dans la partie nord, près des quais, les promeneurs sont moins nombreux. Les bords du fleuve sont agréables en fin de journée, avec des bancs et des platanes. Le vent, le mistral parfois, rend la lecture compliquée, mais il donne à la marche un caractère presque sonore.

Comment y aller depuis Bordeaux

Le trajet est long : il faut compter environ 6 h en train, avec en général une correspondance à Toulouse, à Narbonne ou à Nîmes selon les horaires. La voiture offre une alternative d’une durée comparable. Je prends un train du vendredi après-midi, ce qui permet d’arriver à la nuit tombée et de commencer le samedi sans précipitation.

Deux jours, entre nécropole et cloître

Samedi

Départ matinal pour les Alyscamps, pour profiter de l’ombre et de la fraîcheur. Une bonne heure de marche, puis une pause longue sur un muret avec le carnet. Déjeuner léger dans une ruelle du centre, puis visite du cloître Saint-Trophime en début d’après-midi, quand les rues sont lourdes de chaleur et les voûtes fraîches. Fin de journée au bord du Rhône, avec un dernier regard sur les toits.

Dimanche

Matinée plus libre : marche sans plan dans les ruelles du centre, passage par l’église Saint-Trophime, puis lecture au bord du fleuve. Si le marché a lieu ce jour-là, on peut le traverser rapidement, mais il est bruyant : je le prends comme un contraste utile. En début d’après-midi, un dernier tour du côté des Alyscamps, la lumière a changé et les arbres semblent plus hauts.

Où dormir

Le centre ancien est pratique, mais les rues proches des arènes et de la place du Forum restent animées jusque tard en saison. Je recommande une chambre d’hôtes ou un petit hôtel dans le quartier de la Roquette, de l’autre côté des arènes, plus résidentiel, ou dans les ruelles au nord du centre. Demandez une chambre donnant sur cour, avec des volets qui ferment bien : en été, le calme dépend autant de la chaleur que du bruit.

Le retour

Le retour reprend les correspondances de l’aller. Je prévois toujours une heure de marge entre deux trains, et un en-cas dans le sac. Dans la lumière du soir, les paysages défilent, et la page du carnet se remplit de mots simples : pierre, cyprès, vent.

À savoir avant de partir

  • En été, les Alyscamps sont chauds : prévoyez chapeau, eau et visite tôt le matin.
  • Le mistral peut souffler fort et rendre les terrasses inconfortables ; apportez une veste légère.
  • Les entrées payantes et leurs horaires varient selon la saison : horaires et durées à vérifier avant le départ.
  • Des chaussures fermées sont préférables, les allées étant caillouteuses.
  • Les périodes de festival attirent beaucoup de monde et gonflent les prix de l’hébergement : si le calme est l’objectif, évitez-les.
  • Le cloître et l’église sont des lieux de culte ou d’histoire : parler bas, pas de flash.
  • Un petit livre et un carnet sont plus utiles qu’un guide épais.

Arles est une ville de lumière. Les Alyscamps en sont l’envers : une lumière qu’on regarde assis, sans rien en faire.

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