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CLO Cloîtres & lieux de silence

Rouen : l’Aître Saint-Maclou, Saint-Ouen et le cimetière monumental

  • VilleRouen
  • QuartierSaint-Maclou
  • Momenten semaine, le matin
Par Cherlyn Branch 1 septembre 2026 5 min de lecture
Rouen : l'Aître Saint-Maclou, Saint-Ouen et le cimetière monumental

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Dans une cour de Rouen, des poutres de bois sculptées de crânes et d’outils de fossoyeurs encadrent un préau tranquille. C’est l’Aître Saint-Maclou, ancien charnier de la peste, devenu aujourd’hui un lieu de passage discret, presque sans visiteurs. On y entre par une porte basse, on s’assoit sur un banc, et le bruit de la rue disparaît. Un décor macabre, certes, mais d’une grande douceur de lumière.

Rouen a ceci de particulier que ses lieux de silence sont voisins les uns des autres : un ancien charnier, une abbatiale, un cimetière monumental, une cathédrale que Monet a peinte à de nombreuses reprises. Ce guide les relie dans une marche lente.

L’Aître Saint-Maclou et ses alentours

L’Aître Saint-Maclou abrite aujourd’hui une école des beaux-arts. On entre dans la cour en dehors des moments où l’école l’interdit. Les galeries de bois, sculptées de motifs de la mort, entourent un carré de gravier où un banc invite à lire. Autour, le quartier Saint-Maclou aligne des maisons à pans de bois, parfois penchées, avec des ruelles étroites qui rendent la marche presque musicale. Le matin, l’endroit est paisible, et les bruits de la rue sont absorbés par les murs épais.

Il y a des lieux sombres qui apaisent plus que bien des jardins fleuris.

L’abbatiale Saint-Ouen et son jardin

L’abbatiale Saint-Ouen, immense église gothique, reste moins fréquentée que la cathédrale. À l’intérieur, la clarté est abondante et les piliers sont fins. Derrière, un jardin public, dessiné à l’emplacement d’anciens bâtiments monastiques, offre des pelouses, des bancs et des allées arborées. J’y retourne volontiers en fin de matinée, avec un livre ouvert sur les genoux. Le soir, la lumière rase fait briller la pierre blanche, et les passants, rares, ralentissent.

Le cimetière monumental

Perché sur les hauteurs, le cimetière monumental de Rouen est un grand espace d’allées, de tombes sculptées et de chapelles. On y monte en marchant, par des rues qui s’élèvent progressivement, et l’on débouche sur un lieu tranquille, avec des vues sur les toits de la ville. On y trouve la tombe de Gustave Flaubert, qui a vécu à Croisset, près de Rouen. Pour qui aime les auteurs, c’est un détour naturel : un exemplaire de Madame Bovary ou de Trois contes tient bien dans la poche, et la lecture d’une page sur place donne une résonance particulière aux mots.

Comment y aller depuis Bordeaux

Le plus simple est de passer par Paris : TGV jusqu’à Paris Montparnasse, changement de gare, puis train régional vers Rouen depuis la gare Saint-Lazare, pour un trajet total d’environ 5 h 30, selon les correspondances. La voiture demande plus d’effort, surtout autour de Paris. Je prends un train du vendredi après-midi, ce qui permet d’arriver tôt dans la soirée et de profiter du samedi entier.

Deux jours, du charnier à la colline

Samedi

Matin à l’Aître Saint-Maclou, puis marche dans le quartier voisin, entre maisons à colombages et boutiques d’artisans. Déjeuner simple, puis visite de l’abbatiale Saint-Ouen et de son jardin. L’après-midi se termine sur les quais de la Seine, avec des bancs et des péniches à l’amarre. Au crépuscule, un passage devant la cathédrale, dont la façade change de couleur selon l’heure.

Dimanche

Départ tôt pour le cimetière monumental : l’ambiance est paisible, les allées vides, et l’on marche en écoutant les oiseaux. Retour par les pentes jusqu’au centre, puis pause dans une salle de thé calme près de la cathédrale. Le début d’après-midi est consacré à un dernier tour dans les ruelles, puis au retour vers la gare, avec une marge confortable.

Où dormir

Le centre historique, autour de la cathédrale et de Saint-Maclou, est pratique, mais les rues du Gros-Horloge peuvent rester animées tard en fin de semaine. Les petites rues proches de Saint-Ouen ou de la rive gauche sont plus calmes. Une chambre d’hôtes dans une maison à colombages offre un charme particulier, à condition de vérifier l’isolation phonique. Les nuits à Rouen sont généralement paisibles, avec un bruit lointain de cloches.

Le retour

Le retour reprend le trajet de l’aller en sens inverse : train régional vers Paris Saint-Lazare, métro vers Montparnasse, puis TGV vers Bordeaux. La correspondance parisienne est le point sensible : je prévois toujours une marge d’au moins une heure. Dans le train, le carnet se remplit de mots anciens : charnier, abbatiale, colombages.

À savoir avant de partir

  • La Normandie est humide : prévoyez un vêtement de pluie, même en été.
  • Les pavés et les pentes demandent de bonnes chaussures.
  • Les horaires d’ouverture de l’Aître, de l’abbatiale et du cimetière varient : horaires et durées à vérifier avant le départ.
  • L’Aître Saint-Maclou est un lieu d’enseignement : respectez le calme et les zones interdites.
  • Le cimetière est un lieu de recueillement : pas de musique, pas de pique-nique.
  • Le dimanche, plusieurs commerces sont fermés : pensez à prévoir un déjeuner de secours.
  • Pour les trajets en ville, la marche suffit largement.

Rouen ne cherche pas à plaire d’emblée. Elle laisse voir ses coins sombres et ses coins clairs, avec la même retenue. On y apprend à s’asseoir, et à ne rien attendre d’autre.

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