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Strasbourg a deux façons d’être une ville de livres : celle, savante, des bibliothèques et des universités, et celle, plus discrète, des petites librairies installées dans des maisons à colombages. C’est la seconde que j’ai cherchée pendant un week-end, en marchant entre les canaux de l’Ill et les rues étroites de la Grande Île. On y trouve des boutiques où l’on feuillette longtemps, dans un silence que seuls les carillons viennent rompre.
Y aller depuis Bordeaux
Il n’existe pas de liaison directe simple entre Bordeaux et Strasbourg. Le trajet le plus courant passe par Paris : TGV vers Montparnasse, traversée de la ville vers la gare de l’Est, puis TGV vers Strasbourg. On compte environ sept heures au total. C’est long, mais le trajet donne le temps de lire un livre entier. Je prévois une bonne marge de correspondance à Paris. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Trois types de lieux à explorer
La Grande Île et ses ruelles
Autour de la cathédrale, de la place Gutenberg (du nom de l’inventeur de l’imprimerie, qui vécut un temps à Strasbourg) et des rues voisines, les librairies indépendantes côtoient des boutiques de livres anciens et de gravures. Le matin en semaine, les ruelles sont presque vides, et l’on peut entrer sans rencontrer de groupes.
La Petite France et les quais
Le quartier de la Petite France, avec ses maisons à colombages au bord de l’eau, attire beaucoup de visiteurs en journée. Le matin tôt et le soir, il retrouve un calme étonnant. Les quais voisins sont parfaits pour lire un livre au bord de l’eau, sur un banc à l’ombre.
Le quartier de la Krutenau et l’université
Un peu à l’écart, la Krutenau, quartier d’étudiants, compte des librairies de poche et d’occasion, des cafés tranquilles et des bancs le long de l’Ill. L’ambiance y est plus détendue, loin de la fréquentation touristique de la cathédrale.
Samedi : la Grande Île et la Petite France
J’arrive en fin de matinée, je dépose mes affaires, puis je marche vers la cathédrale. Les rues autour sont déjà animées, alors je m’en éloigne vite pour entrer dans deux ou trois librairies des rues secondaires. L’après-midi, je descends vers la Petite France par les quais, et je lis près d’une écluse. Le soir, une tarte flambée simple dans une petite salle de quartier suffit. La nuit tombée, les ruelles redeviennent silencieuses, et la lumière sur les colombages vaut la marche.
Dimanche : la Krutenau et les bords de l’Ill
Le dimanche matin, je traverse l’Ill vers la Krutenau. Les rues sont calmes, quelques cafés ouvrent, et les librairies de poche, selon les semaines, accueillent des clients tranquilles. Je m’installe ensuite sur un banc le long du canal avec les livres de la veille. Le jardin de l’Orangerie, un peu plus loin, offre aussi de longues allées pour une dernière lecture. Un déjeuner léger, un dernier tour sur la Grande Île, puis la route vers la gare.
Où dormir
Pour ce week-end, je choisis un hébergement dans la Grande Île, côté rues secondaires, ou dans la Krutenau. Un petit hôtel de centre-ville ou une chambre dans une maison à colombages donne le ton. Les nuits de marché de Noël, la ville se remplit et les prix montent : en dehors de cette période, le séjour est beaucoup plus reposant. Réserver tôt reste prudent.
Le retour
Le dimanche en milieu d’après-midi, je prends le TGV vers Paris, puis la correspondance vers Bordeaux. Le trajet du retour est long, mais le paysage de l’est, les vignes puis les plaines, accompagne la lecture. J’ai appris à ne rien prévoir pour le lundi matin.
Lire à la mode strasbourgeoise
Strasbourg donne l’impression d’une ville où l’on a toujours lu : les bibliothèques sont partout, les étudiants se croisent un livre sous le bras, et personne ne s’étonne de voir quelqu’un lire sur un banc par temps frais. J’y ai pris l’habitude d’emporter une écharpe épaisse et un thermos de thé, pour que la lecture au bord de l’Ill dure plus d’une demi-heure.
Les libraires, souvent bilingues, glissent parfois quelques mots d’alsacien dans la conversation, et proposent volontiers des livres d’histoire régionale, de cuisine, ou des auteurs du Rhin que l’on connaît peu en France de l’ouest. Je me laisse conseiller, puis je repars avec un ouvrage que je n’aurais pas choisi sans conseil : c’est la meilleure façon de découvrir une ville par ses livres.
À la nuit tombée, la cathédrale se détache en rose sombre au-dessus des toits. Un dernier tour par les ruelles vides, le livre sous le bras, suffit à clore la journée.
À savoir avant de partir
- En décembre, la ville est très fréquentée par le marché de Noël : à éviter si l’on cherche le calme.
- La Grande Île se parcourt à pied ; le tramway dessert les autres quartiers.
- Les librairies sont souvent fermées le dimanche : planifier la lecture en plein air ce jour-là.
- Le matin en semaine, avant 11 h, la Petite France est presque déserte.
- Prévoir un vêtement chaud, l’hiver y est vif et sec.
- Durées et horaires approximatifs : à vérifier avant le départ.
Le trajet est long, mais il rend le séjour plus précieux. À Strasbourg, on lit comme on marche : en suivant le cours de l’eau.



