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À Toulouse, la brique rose absorbe la lumière du matin et rend toutes les rues un peu plus lentes. Entre le Capitole et la Garonne, les librairies se logent dans des hôtels particuliers, des passages, des rez-de-chaussée discrets où l’on peut rester longtemps. C’est une ville que je connais pour ses livres plus que pour ses monuments, et que je recommande à qui aime passer une heure devant un rayon sans objectif précis.
Y aller depuis Bordeaux
Toulouse est la plus proche des villes de cette série : le train depuis Bordeaux-Saint-Jean met environ deux heures, avec des départs réguliers dans la journée. Le trajet suit la vallée de la Garonne, et l’on arrive à la gare Matabiau, à dix minutes à pied du canal du Midi et à un quart d’heure du centre. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Trois types de lieux à parcourir
Le centre autour du Capitole
Dans les rues qui entourent la place du Capitole et la rue du Taur, on trouve plusieurs librairies indépendantes, certaines spécialisées dans les sciences humaines, l’histoire ou la littérature occitane. Le matin, les rues sont silencieuses, et les libraires prennent le temps de répondre.
Saint-Cyprien, rive gauche
De l’autre côté de la Garonne, Saint-Cyprien est un quartier plus tranquille, avec des boutiques d’occasion, des cafés où l’on lit, et un accès direct aux quais. J’y fais souvent une pause sur les berges, face aux briques roses de la rive droite.
Le quartier Saint-Étienne et les rues anciennes
Autour de la cathédrale Saint-Étienne, les ruelles abritent des librairies de livres anciens, des antiquaires, et quelques adresses de bande dessinée. Le quartier est plus calme que le Capitole, et l’on peut y entrer dans une boutique sans que personne ne s’en soucie.
Samedi : du Capitole à Saint-Cyprien
Je dépose mon sac, puis je gagne le Capitole à pied par la rue Alsace-Lorraine. Je visite deux ou trois librairies, en commençant par celles de la rue du Taur. En début d’après-midi, je traverse la Garonne par le Pont-Neuf et je gagne Saint-Cyprien, où un banc sur les quais offre une vue sur la ville. J’y lis jusqu’à ce que la lumière baisse. Le soir, un dîner simple dans une petite salle fait l’affaire, avant de rentrer à pied le long de l’eau.
Dimanche : Saint-Étienne et le canal
Le dimanche matin, je flâne autour de la cathédrale Saint-Étienne, où les rues sont presque vides. Certaines librairies de livres anciens ouvrent parfois, mais j’en profite surtout pour marcher. Je rejoins ensuite le canal du Midi, dont les berges ombragées conviennent à une dernière lecture. Les allées de platanes laissent passer une lumière douce, et les cyclistes sont peu nombreux le matin. Un déjeuner léger, puis le chemin de la gare.
Où dormir
Pour ce week-end, je choisis un hébergement dans le centre, près du Capitole ou de Saint-Étienne, ou à Saint-Cyprien de l’autre côté du fleuve. Un petit hôtel ancien ou une chambre dans un immeuble en brique convient bien. Les nuits de week-end, les abords du Capitole sont animés ; Saint-Étienne ou Saint-Cyprien offrent davantage de silence. Comme toujours, comparer les offres à l’avance.
Le retour
Le dimanche en fin d’après-midi, je reprends le train vers Bordeaux, environ deux heures de trajet. La Garonne accompagne la voie, et la lumière de fin de journée sur les champs fait un bon dernier paysage. Le sac est plein de livres, et le carnet de notes.
Une façon de lire la ville
Ce que j’aime à Toulouse, c’est la possibilité de relier les lieux par l’eau : la Garonne d’un côté, le canal du Midi de l’autre, et entre les deux un centre de brique où l’on avance sans voir passer le temps. Je construis mes journées sur ce trait simple. Une librairie le matin, une berge en début d’après-midi, une autre librairie quand la chaleur retombe. Entre deux, je m’assieds, j’ouvre le livre, je laisse la page faire son travail.
Il m’arrive de noter, dans le carnet, la manière dont les libraires rangent leurs rayons : par ordre alphabétique, par thèmes, par humeur. À Toulouse, beaucoup mêlent les genres, et l’on tombe sur un recueil de poèmes à côté d’un guide de botanique. Cette part de hasard est la meilleure raison de ne pas arriver avec une liste d’achats trop précise.
Si la chaleur est forte, les cours intérieures de certains hôtels particuliers, ouvertes au public aux heures d’accueil, offrent un abri frais et silencieux pour une pause lecture. On les repère à leurs portes cochères entrouvertes, et l’on s’y glisse avec discrétion.
À savoir avant de partir
- Les librairies ferment souvent le dimanche et parfois le lundi : vérifier avant de venir.
- En été, la chaleur est vive en milieu d’après-midi ; préférer les matinées pour marcher.
- Le centre se visite très bien à pied, le métro relie ensuite les quartiers plus éloignés.
- Pour un calme optimal : en semaine, avant 11 h.
- Prévoir un sac solide pour les livres, et une bouteille d’eau pour les berges.
- Durées et horaires approximatifs : à vérifier avant le départ.
Toulouse, c’est une ville où l’on lit sans s’en rendre compte : les bancs, les berges, les cours intérieures. Un week-end y suffit pour remplir un sac et vider la tête.



