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LIB Librairies & bouquinistes

Bruxelles : galeries, Marolles et Ixelles, trois façons de feuilleter

  • VilleBruxelles
  • QuartierIxelles
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 14 février 2026 5 min de lecture
Bruxelles : galeries, Marolles et Ixelles, trois façons de feuilleter

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Sous la verrière des Galeries Royales Saint-Hubert, un libraire ouvre sa porte vitrée et le bruit des pas résonne sur le dallage encore humide. Bruxelles a une relation particulière avec le livre : la bande dessinée y a ses musées, la littérature ses cafés, et les bouquinistes une tradition discrète que l’on découvre en marchant. J’y ai fait plusieurs séjours de deux jours, avec un sac vide à l’aller et plein au retour.

Y aller depuis Bordeaux

Pas de train direct entre Bordeaux et Bruxelles. Le plus simple est de passer par Paris : TGV jusqu’à Montparnasse, traversée de la ville vers la gare du Nord, puis Thalys ou liaison équivalente jusqu’à Bruxelles-Midi. On compte environ six heures au total, avec le changement. Le temps passe vite quand on a un livre ; j’en choisis un volontairement long. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Trois lieux pour lire sans hâte

Les galeries et le centre historique

Les Galeries Royales Saint-Hubert abritent une librairie généraliste où l’on peut flâner longtemps. Les rues voisines, entre la Grand-Place et la rue Neuve, comptent plusieurs boutiques d’occasion. Le matin tôt, le quartier est étonnamment paisible, car les visiteurs arrivent plus tard.

Les Marolles et le Sablon

Le quartier des Marolles, avec sa place du Jeu de Balle, est connu pour son marché aux puces quotidien, où l’on déniche parfois des livres anciens entre deux piles de bibelots. Le Sablon, tout proche, regroupe des antiquaires et libraires spécialisés dans les ouvrages d’art et les reliures.

Ixelles et Saint-Gilles

C’est là que j’ai trouvé mes librairies préférées : des boutiques de quartier, parfois mêlées à un petit café, tenues par des gens qui lisent ce qu’ils vendent. Les étangs d’Ixelles et le parc de Forest offrent à proximité des bancs où ouvrir son achat dans la foulée.

Samedi : du centre aux Marolles

J’arrive à Bruxelles-Midi en fin de matinée, et je laisse mon sac à l’hébergement. L’après-midi, je marche vers le centre par la rue Haute, qui traverse les Marolles. Je m’arrête au marché du Jeu de Balle, où l’ambiance reste bon enfant même quand il y a du monde, puis je poursuis vers les Galeries Saint-Hubert, où j’entre dans la librairie sans but précis. En fin de journée, la lumière sous la verrière est douce, et c’est le moment où l’on entend le mieux les conversations à mi-voix.

Dimanche : Ixelles et ses bancs

Le dimanche matin, je prends le tramway vers Ixelles. Les rues sont presque vides, quelques cafés ouvrent. Je cherche les librairies ouvertes ce jour-là, et il en existe parfois. Sinon, je m’assois près des étangs avec un livre acheté la veille, et je regarde les canards sans penser à autre chose. Un déjeuner simple, une dernière promenade vers Saint-Gilles, puis le chemin de la gare.

Où dormir

Je choisis un hébergement à Ixelles ou à Saint-Gilles, deux communes très vivantes mais où les rues secondaires restent calmes le soir. Une chambre d’hôtes dans une maison de maître bruxelloise, avec les hauts plafonds typiques, est un bon choix. Le centre historique est plus bruyant la nuit, surtout le week-end. Comparer les offres à l’avance, surtout en période de salon ou d’événements.

Le retour

Le dimanche en milieu d’après-midi, je reprends la liaison vers Paris, puis le TGV vers Bordeaux. La traversée de Paris entre les deux gares demande de prévoir une bonne marge, et j’ai pris l’habitude de laisser plus d’une heure entre les correspondances. Je finis souvent mon livre dans le dernier train.

Ce qu’on entend dans une librairie bruxelloise

Ce qui frappe d’abord, c’est le volume sonore : presque rien. Les libraires parlent bas, les clients aussi, et la bande dessinée, très présente, attire des lecteurs de tous âges qui se tiennent debout devant un album pendant un long moment. Personne ne s’en offusque. J’ai pris l’habitude de repérer les boutiques où il y a un tabouret ou une marche d’escalier sur laquelle s’asseoir, et de m’y poser avec un ouvrage sorti d’un rayon au hasard.

Le soir, après la fermeture des boutiques, je termine souvent dans un café de quartier à la lumière basse, sans musique forte, où l’on peut écrire une heure en ne commandant qu’une boisson chaude. Les cafés où la conversation est le seul bruit se reconnaissent de loin : les tables sont petites, les chaises un peu dépareillées, et personne ne regarde sa montre.

Enfin, un conseil de marche : les pavés des Marolles et du centre fatiguent vite les pieds. Alterner une heure de déambulation et une heure de lecture assise donne un rythme soutenable pour deux journées entières.

À savoir avant de partir

  • Le marché du Jeu de Balle est le plus animé le week-end : y aller tôt si l’on cherche le calme.
  • Les librairies sont souvent fermées le dimanche et le lundi : vérifier les jours d’ouverture.
  • La monnaie est l’euro, la langue courante est le français, mais l’on entend aussi le néerlandais dans toute la ville.
  • Le tramway et le métro sont pratiques, mais le centre se fait très bien à pied.
  • Prévoir un sac solide pour rapporter les livres, et une marge pour la correspondance à Paris.
  • Durées et horaires approximatifs : à vérifier avant le départ.

Bruxelles ne cherche pas à impressionner. C’est précisément ce qui la rend agréable pour qui aime s’asseoir avec un livre : la ville vous laisse tranquille.

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