Aller au contenu
THE Salons de thé

Lyon : salons de thé de la Presqu’île et du Vieux Lyon, côté silence

  • VilleLyon
  • QuartierVieux Lyon
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 26 janvier 2026 5 min de lecture
Lyon : salons de thé de la Presqu'île et du Vieux Lyon, côté silence

Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Un Coin Tranquille peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.

À Lyon, j’ai appris à tourner le dos aux bouchons. Ils sont délicieux, mais ils parlent fort, et ce qui m’intéresse ici, c’est ce qui se passe après le déjeuner, quand la ville baisse le ton. Entre la Saône et le Rhône, il existe des salons de thé au fond de cours pavées, dans des rues qui montent, derrière des vitrines de pâtissiers où l’on a gardé deux ou trois tables pour ceux qui veulent s’attarder.

Voici un week-end de deux jours organisé autour de ces adresses, avec des quartiers plutôt que des enseignes, parce que les enseignes changent et que les quartiers restent.

Comment y aller

Depuis Paris, le TGV met environ deux heures jusqu’à la gare de Part-Dieu. Depuis Bordeaux, la liaison est moins directe et prend en général plus de cinq heures avec correspondance, ce qui en fait plutôt un voyage pour un week-end allongé. Depuis Genève ou Marseille, le trajet est plus court, environ deux heures de part et d’autre. Une fois sur place, le métro relie Part-Dieu à la Presqu’île en quelques minutes, mais les distances sont courtes : à pied, tout s’enchaîne.

Samedi : la Presqu’île, de la rue au salon

Le samedi matin, la rue de la République est une affaire bruyante. Je m’en écarte dès que possible pour gagner les petites rues entre Bellecour et les Terreaux. C’est là que se logent les salons de thé les plus calmes : on y entre par une porte étroite, on traverse une boutique de pâtisseries, et l’on débouche sur une pièce en fond de parcelle, avec une moquette épaisse et des fauteuils dépareillés.

Le vrai critère de choix, à Lyon, c’est la salle du fond. Les tables côté vitrine servent aux passants. Celles de l’arrière, plus sombres, sont faites pour ceux qui viennent s’asseoir longtemps. Je demande poliment si l’on peut me placer au fond, et on me l’accorde presque toujours.

L’après-midi, je rejoins le quai de Saône par les pentes de la Croix-Rousse, avant de redescendre. Une halte dans un salon près des Terreaux, avec vue sur l’opéra, suffit à reposer les jambes. La spécialité locale, la tarte à la praline rose, se mange sans cérémonie, avec un thé noir, face à la fenêtre.

Trois habitudes qui aident

  • Arriver un peu avant l’heure du goûter plutôt qu’en plein milieu.
  • Choisir une table à côté d’un mur, pour limiter les passages.
  • Prendre un thé en théière, qui justifie de rester sans commander à nouveau.

Dimanche : le Vieux Lyon et la colline

Le dimanche, je traverse la Saône à pied. Le Vieux Lyon, avec ses ruelles Renaissance, est très fréquenté en milieu de journée, mais il suffit d’y venir tôt pour que les traboules gardent leur silence de pierre. Je longe la cathédrale Saint-Jean, je grimpe un peu vers Fourvière, puis je redescends par les escaliers qui coupent la colline.

Le Vieux Lyon compte plusieurs salons de thé logés dans des caves voûtées. L’avantage, c’est l’acoustique : les voûtes étouffent les voix, et l’on a l’impression d’être dans une petite salle de lecture ancienne. Le revers, c’est qu’à l’heure du goûter, le dimanche, certaines salles se remplissent vite. Mon conseil : venir en fin de matinée ou après 16 h, quand le premier flux est passé.

Note de carnet : sous la voûte, le temps ne passe pas, il s’attarde lui aussi.

La colline de la Croix-Rousse, l’autre ambiance

Si le temps le permet, on peut remplacer le Vieux Lyon par la Croix-Rousse, quartier des anciens ateliers de soie. Ses rues en pente et ses places arborées abritent des salons plus discrets, parfois couplés à un libraire ou à un torréfacteur. L’ambiance est plus locale, moins touristique, et les tables se libèrent mieux. La montée est raide : je prends le métro jusqu’au plateau et je descends à pied.

Où dormir

Pour un week-end calme, je privilégie un petit hôtel ou une chambre d’hôtes dans le 2e arrondissement, côté Ainay, ou sur les pentes de la Croix-Rousse. Ces zones restent vivantes en journée mais s’apaisent dès la nuit. Le Vieux Lyon est pittoresque, mais certaines rues résonnent tard le samedi soir. Les chambres sur cour valent mieux que celles sur rue, et les étages élevés sont plus tranquilles. Je préfère ne pas être à côté d’une rue de bars.

Le retour

Le dimanche soir, la gare de Part-Dieu est pleine, mais la gare de Perrache, plus calme, convient pour quelques destinations. Je prends mon temps pour un dernier thé avant le train, dans un salon proche de la gare, quitte à repartir un peu plus tard si les horaires le permettent. Une place en voiture calme évite les conversations téléphoniques.

À savoir avant de partir

  • Les salons de thé lyonnais ferment souvent un jour par semaine, parfois le dimanche : vérifiez avant de vous déplacer.
  • Évitez les périodes de grands événements, comme la Fête des Lumières en décembre, si vous cherchez le silence : la ville change complètement d’échelle.
  • Le Vieux Lyon est pavé : prévoyez des chaussures confortables.
  • Les salons en cave sont très agréables, mais parfois peu accessibles pour les personnes à mobilité réduite : renseignez-vous avant.
  • Un carnet et un livre de poche font mieux office de compagnons qu’un ordinateur portable, rarement bienvenu l’après-midi.
  • Horaires et durées de trajet sont à vérifier avant le départ, car ils varient selon les saisons et les travaux sur les lignes.

Ce qui reste de Lyon, au bout de deux jours, c’est moins une liste d’adresses qu’une façon de marcher : lentement, en repérant la porte étroite, le rideau épais, la salle du fond. Le thé, lui, est un prétexte. Ce que l’on boit vraiment, ici, c’est le temps qu’on vous laisse.

Dans le même tiroir

La lettre des coins calmes

Une fois par mois : trois lieux où s'asseoir dans une ville, et l'heure à laquelle y aller.

En vous inscrivant, vous acceptez la politique de confidentialité.