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MUS Musées sans la foule

Strasbourg : musées de poche, maison alsacienne et salles de sculpture

  • VilleStrasbourg
  • QuartierKrutenau
  • Momenten semaine, dès l'ouverture
Par Cherlyn Branch 14 août 2026 5 min de lecture
Strasbourg : musées de poche, maison alsacienne et salles de sculpture

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Au deuxième étage d’une maison à colombages, il y a une cuisine d’autrefois, avec son poêle de faïence, ses moules à gâteaux et un banc qui épouse le mur. On s’y arrête volontiers, simplement pour écouter le plancher. À Strasbourg, c’est dans ces salles étroites, loin de la grande affluence autour de la cathédrale, que la ville s’explique le mieux.

La Petite France et la place de la Cathédrale concentrent l’essentiel de la foule. À quelques rues de là, les musées sont plus calmes, et quelques-uns se prêtent très bien à une lecture sans hâte. Voici le parcours que je suggère pour un week-end.

Comment y aller depuis Bordeaux

Aucun train direct ne relie Bordeaux et Strasbourg : on passe par Paris, avec un changement de gare à prévoir, pour un trajet d’environ 7 h au total. C’est long, mais le trajet fait partie du voyage, et je l’organise autour d’un livre et d’une gourde. Une fois sur place, tout se fait à pied, ou en tramway pour les rives plus éloignées. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Le musée alsacien, une maison qui se raconte

Le musée alsacien occupe plusieurs maisons anciennes reliées par des galeries de bois et des escaliers qui grincent. On y visite des intérieurs reconstitués : une chambre, un atelier, une salle commune. Les objets sont modestes : des jouets en bois, des costumes, des poteries, des moules, des livres de prières. Cette modestie fait la force de l’endroit.

L’ambiance est celle d’une maison de famille qu’on traverse sur la pointe des pieds. Les visiteurs sont peu nombreux en semaine, et l’on croise surtout des familles du coin et des curieux. Les bancs des paliers invitent à s’asseoir, et j’y ai passé plus d’un quart d’heure, à regarder la cour par la fenêtre. Aucune injonction à se hâter.

L’Œuvre Notre-Dame, les statues sans les touristes

Dans un ensemble de bâtiments médiévaux près de la cathédrale, le musée de l’Œuvre Notre-Dame conserve des sculptures et des vitraux d’origine. La cathédrale elle-même est bondée à certaines heures ; ici, les mêmes visages de pierre se regardent presque seul à seul, avec une lumière douce et des salles étroites.

On y comprend ce que la cathédrale ne laisse pas voir d’en bas : les expressions, les plis, les détails des figures qui ornaient le portail. Les petits jardins intérieurs offrent des coins pour s’asseoir. Je recommande d’y venir à l’ouverture, ou en fin de journée, quand la lumière est plus rasante et les groupes ont disparu.

La foule regarde la façade ; le silence, lui, s’approche des visages.

Un troisième lieu à l’écart

Pour varier, je choisis souvent un musée plus particulier : le musée Tomi Ungerer, consacré à l’illustrateur strasbourgeois, ou le Palais Rohan, qui abrite plusieurs collections dans un bâtiment classique. Le premier est ludique et lumineux ; le second, plus solennel, dispose de salles où l’on peut passer longtemps sans rencontrer âme qui vive. Se laisser guider par l’humeur du jour est le meilleur critère.

Deux jours, un rythme sans hâte

Samedi

Arrivée en fin de matinée. Déjeuner simple dans le quartier de la Krutenau, bien moins touristique que la Petite France. L’après-midi, musée alsacien, puis un long détour par les quais de l’Ill, où l’on peut s’asseoir au bord de l’eau. En fin de journée, une promenade autour des rues voisines de la cathédrale, une fois que les groupes sont rentrés.

Dimanche

Matinée à l’Œuvre Notre-Dame, dès l’ouverture. Puis un café dans une salle calme, et une marche jusqu’au quartier de la Neustadt, avec son architecture allemande de la fin du XIXe siècle, étonnamment silencieuse le dimanche. Un dernier moment sur un banc du parc de l’Orangerie, si le temps s’y prête, avant le train.

Où dormir

Pour une nuit, je choisis un hôtel simple ou une chambre d’hôtes dans la Krutenau ou près de la Neustadt. Ces quartiers sont plus paisibles le soir, et l’on rejoint le centre à pied en un quart d’heure environ. Éviter les abords directs de la place Kléber si l’on tient au silence nocturne.

Le retour

Le retour est aussi long que l’aller, avec le même changement à Paris. Je garde pour ce trajet un livre que j’ai évité jusque-là, et je relis mes notes de la veille. La cuisine du musée alsacien me reste en tête comme un détail d’enfance que l’on aurait vu chez quelqu’un d’autre.

À savoir avant de partir

  • Vérifier les jours de fermeture : le mardi est fréquent pour les musées municipaux.
  • Prévoir des vêtements chauds en hiver, les salles anciennes sont fraîches.
  • Éviter les périodes de marché de Noël si l’on cherche le calme : la ville est très fréquentée.
  • Porter des chaussures confortables pour les pavés et les escaliers étroits.
  • Garder une marge entre les deux trains du retour à Paris.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Strasbourg récompense ceux qui acceptent de tourner le dos à la grande attraction. Un escalier de bois, un visage de pierre, un banc sur un palier : ce sont de petites choses, et ce sont elles qui restent.

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