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Le passage Pommeraye, à Nantes, est un escalier de bois et de fer sous une verrière, avec des statues, des balustrades, et au rez-de-chaussée quelques boutiques où l’on feuillette tranquillement. Les passants y marchent doucement, comme s’ils craignaient d’abîmer quelque chose. C’est là que j’ai commencé un séjour de deux jours consacré aux librairies de Nantes, une ville où l’on peut lire à peu près partout.
Y aller depuis Bordeaux
Il n’y a pas de liaison très rapide directe entre Bordeaux et Nantes. Le train passe par Poitiers, Niort ou La Rochelle selon les horaires, et le trajet dure environ quatre heures, avec parfois un changement. Je trouve la durée idéale pour avancer dans un roman. La gare de Nantes se trouve à quelques minutes à pied du centre historique. Horaires et durées à vérifier avant le départ.
Trois endroits pour se poser avec un livre
Le quartier Graslin et le passage Pommeraye
Autour de la place Graslin, le centre XVIIIe siècle de Nantes mêle théâtre à colonnes, cafés anciens et boutiques de livres. Le passage Pommeraye est le plus beau trajet entre deux niveaux de la ville. Les librairies voisines, notamment sur la rue Crébillon et autour, gardent des rayons de littérature et de sciences humaines qu’on peut explorer sans être suivi du regard.
Le Bouffay et le quartier du château
Plus au cœur de la vieille ville, entre la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul et le château des ducs de Bretagne, le Bouffay est vivant le soir mais calme le matin. On y trouve des boutiques de seconde main, des librairies de livres anciens et de petits cafés où l’on peut lire sans être dérangé avant l’heure du déjeuner.
L’île de Nantes et les berges de la Loire
Côté île de Nantes, l’ancien site industriel s’est transformé en promenade, avec des bancs le long de l’eau. L’endroit est idéal pour lire un livre acheté le matin, face à la Loire, sans bruit autre que celui du vent et des bateaux.
Samedi : de Graslin au Bouffay
Je dépose mon sac à l’hébergement, puis je marche vers la place Graslin. Le passage Pommeraye est mon premier arrêt, suivi de deux ou trois librairies des rues alentour. À chaque fois, je m’accorde une demi-heure. Vers midi, je descends vers le Bouffay, où les ruelles étroites invitent à se perdre. L’après-midi, je fais une pause lecture dans le jardin des plantes, un parc ancien aux allées bien dessinées, où il est facile de trouver un banc à l’écart. Le soir, une soupe ou une crêpe simple fait un bon dîner avant de rentrer.
Dimanche : l’île et la Loire
Le dimanche matin, la plupart des librairies sont fermées, alors je traverse la Loire vers l’île de Nantes. Je marche le long du quai, puis je m’installe sur un banc avec les livres de la veille. La lumière sur l’eau, le bruit des mouettes, un vélo de temps en temps : c’est l’ambiance idéale pour une dernière lecture. Un déjeuner léger, une dernière promenade dans le centre, puis le retour vers la gare.
Où dormir
Je choisis un hébergement dans le centre, près de Graslin ou du Bouffay, ou sur la rive nord de la Loire dans un quartier résidentiel. Un petit hôtel ancien ou une chambre d’hôtes dans un immeuble nantais ancien donne le ton de la ville. Le Bouffay est animé le soir : si le bruit gêne, mieux vaut se loger vers Graslin ou vers le jardin des plantes. Réserver tôt pour les week-ends de festival.
Le retour
Le dimanche en fin d’après-midi, je reprends le train vers Bordeaux. La traversée des plaines de l’ouest laisse un long moment de lecture, et j’en profite pour relire quelques pages d’un livre acheté la veille. J’arrive en soirée, le sac chargé de papier.
Ce que la ville apprend à celui qui lit
Nantes aime les histoires, et cela se sent dans ses librairies : voyages, aventures, récits de mer, héritage des ports de la Loire. Les rayons consacrés à l’histoire maritime sont bien fournis, et l’on y lit des pages sur les bateaux qui partaient de ces quais. J’ai fini par rester longtemps devant ces livres, sur un tabouret, alors que le plan du jour prévoyait autre chose.
Le soir, la ville ralentit sans s’éteindre. Un banc sous les arbres du jardin des plantes, un livre sous un réverbère, quelques pages avant de rentrer : il n’en faut pas davantage pour faire d’une soirée de février un moment à retenir. Je garde dans le carnet une phrase lue à cet endroit, sur les villes qui se laissent habiter plus qu’elles ne se montrent.
À savoir avant de partir
- Beaucoup de librairies indépendantes ferment le dimanche et le lundi : vérifier les jours d’ouverture.
- Le centre se visite à pied ; le tramway est utile pour rejoindre l’île de Nantes.
- Les rues du Bouffay sont animées le vendredi et samedi soir : privilégier le matin pour la lecture.
- Pour un calme optimal : en semaine, avant 11 h.
- Une veste coupe-vent pour les berges de la Loire, où le vent se lève vite.
- Horaires et durées donnés à titre indicatif : à vérifier avant le départ.
Nantes ne force pas la main. On s’y laisse porter d’une librairie à une berge, et l’on repart avec ce sentiment rare d’avoir lu quelque part sans l’avoir cherché.



