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LEC Bibliothèques & salles de lecture

Marseille : l’Alcazar et les salles de lecture au bord du Vieux-Port

  • VilleMarseille
  • QuartierBelsunce, Vieux-Port
  • Momenten semaine, en début de matinée
Par Cherlyn Branch 10 avril 2026 5 min de lecture
Marseille : l'Alcazar et les salles de lecture au bord du Vieux-Port

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On n’imagine pas toujours Marseille comme une ville de lecture. Elle est bruyante, solaire, tournée vers le dehors. Pourtant, à quelques rues du Vieux-Port, il existe une grande bibliothèque ouverte à tous, des salles hautes et lumineuses où l’on peut s’attarder, et au-delà, des escaliers et des corniches où lire face à l’eau. J’ai passé deux jours à alterner l’un et l’autre, avec un livre qui sentait le sel à la fin.

Y aller depuis Bordeaux

Depuis Bordeaux, le trajet jusqu’à Marseille se fait en environ 5 h 30 à 6 h, généralement avec un changement, souvent à Toulouse ou à Montpellier selon les horaires. C’est un voyage qui traverse le Sud-Ouest puis longe la côte, avec des vignes, des étangs, des garrigues. Je l’aime comme un long paragraphe qui s’ouvre. On arrive à Saint-Charles, en haut d’un grand escalier d’où la ville se découvre d’un coup. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Samedi : la bibliothèque de l’Alcazar

La bibliothèque municipale à vocation régionale de Marseille, connue sous le nom d’Alcazar, se trouve dans le quartier de Belsunce, à courte distance de la Canebière. Le bâtiment a été reconstruit sur l’emplacement d’un ancien music-hall, et l’on y sent encore la mémoire du quartier populaire. À l’intérieur, de grands volumes ouverts, des tables en nombre, des coins lecture où l’on peut feuilleter la presse. L’accès à la consultation sur place est libre pour les espaces publics, mais il faut vérifier les règles en vigueur pour les étages, les salons de lecture et les espaces de travail.

Je m’y rends en début de matinée, quand le lieu est calme, et je choisis un étage où l’on entend surtout le froissement du papier. Marseille est une ville où l’on parle fort, et c’est justement pour cela que le contraste est fort : en franchissant la porte, la voix des gens baisse d’un cran sans que personne ne l’ordonne. Il y a des élèves, des lecteurs de journaux, des familles. Personne ne regarde ma montre, personne ne m’interrompt.

Pour déjeuner, les alentours de la Canebière et du Cours Julien proposent beaucoup de choix. Je préfère en général acheter un sandwich ou des fruits au marché et marcher jusqu’au bord de l’eau. Le Vieux-Port est animé, mais sur le côté de la Criée ou près du fort Saint-Jean, il y a des endroits plus calmes où s’asseoir sur la pierre.

Dimanche : corniches, parcs et lecture au soleil

Le dimanche, les grandes bibliothèques sont souvent fermées, et la ville change de rythme. La solution, ici, est de prendre de la hauteur ou de la distance. Le parc Borély, au sud, est un grand jardin avec une pelouse, un château, une roseraie, et assez de recoins pour s’isoler. On peut y lire un chapitre entier sans croiser plus de quelques promeneurs. La corniche Kennedy, plus au nord, offre un autre genre de silence : celui du vent et de la mer, et des bancs de pierre face à l’horizon.

Si l’envie vient de rester en intérieur, certaines bibliothèques de quartier de Marseille ouvrent le dimanche pendant l’année scolaire, mais les horaires changent régulièrement. Je préfère laisser la ville décider et vérifier au dernier moment. À la place, un musée peut offrir le même genre de pause : les salles du Mucem, face à la mer, ont des coins calmes et des terrasses où s’attarder, tandis que la Vieille Charité est un édifice du XVIIe siècle dont la cour intérieure et les arcades sont propices à la lecture.

L’après-midi, la balade jusqu’au Panier, le plus ancien quartier de la ville, mène à des ruelles étroites, des placettes, des escaliers. On y trouve des marches à l’ombre et des recoins sans passage, parfaits pour ouvrir un carnet. Je garde pour la fin de journée un banc face au coucher du soleil, quand la lumière devient dorée et que le bruit de la ville retombe un peu.

Entre deux étapes, je tiens une règle : lire le matin à l’intérieur, marcher l’après-midi dehors. À Marseille, la lumière devient vite trop forte pour les pages blanches, et la ville réclame d’être regardée. Le contraste entre la salle fraîche de l’Alcazar et le plein soleil d’une corniche est, à lui seul, une manière de voyager. Dans le carnet, je note les sons : un autobus, un klaxon lointain, le bruissement de la salle, puis le vent et les mouettes. L’ensemble forme un morceau de ville.

Une nuit : où dormir

Pour dormir, le quartier du Panier ou celui de Notre-Dame-du-Mont, plus au sud-est, offrent des petites adresses de charme, chambres d’hôtes, maisons rénovées, hôtels de taille modeste. Le Vieux-Port est pratique mais souvent bruyant le soir. Je demande une chambre côté cour ou sur un étage élevé, et je préviens que je me couche tôt. Les quartiers autour de Castellane ou de la Plaine sont plus animés le soir, donc à éviter si on cherche le calme.

Le retour

Le train pour Bordeaux part de la gare Saint-Charles, en général avec un changement. Le trajet dure environ 5 h 30 à 6 h. Je prévois une marge dans l’après-midi, car on a tendance à vouloir rester une heure de plus sur un banc au soleil. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

À savoir avant de partir

  • Vérifier sur le site de la bibliothèque les modalités d’accès aux salles de lecture, les étages ouverts et les jours de fermeture.
  • Prévoir un chapeau, de l’eau et une crème solaire pour les journées de corniche, même en automne.
  • Le mistral rend certains bancs difficiles à tenir, avec des pages qui s’envolent : un livre de poche vaut mieux qu’un grand format.
  • Marcher dans les ruelles du Panier avec des chaussures confortables : les pentes sont raides.
  • Réserver le train et la nuit à l’avance en saison.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

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