Aller au contenu
LEC Bibliothèques & salles de lecture

Strasbourg : lire au bord de l’eau, de la médiathèque Malraux à la Petite France

  • VilleStrasbourg
  • QuartierPresqu'île Malraux
  • Momenten semaine, avant 11 h
Par Cherlyn Branch 29 mars 2026 5 min de lecture
Strasbourg : lire au bord de l'eau, de la médiathèque Malraux à la Petite France

Cet article peut contenir des liens affiliés. Si vous réservez ou achetez par l'un de ces liens, Un Coin Tranquille peut percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.

Strasbourg est une ville d’eau. On le comprend en marchant : les canaux, les écluses, les ponts couverts, les berges de l’Ill. Cette eau tempère le bruit, et dans certains quartiers, on a l’impression d’entendre sa propre respiration. C’est pour cela que j’y viens quand je veux lire sans compter les minutes, avec un livre en poche et un carnet. Cette fois, j’ai cherché les salles ouvertes à tous, les médiathèques, les coins d’ombre.

Y aller depuis Bordeaux

Le voyage est long. Depuis Bordeaux, il faut compter environ 7 h en train, avec un passage par Paris, où l’on change de gare. C’est un trajet pour deux livres ou un long roman. La gare de Strasbourg, avec sa grande verrière moderne qui enveloppe l’ancien bâtiment, est à quelques pas du centre, qu’on rejoint à pied en un quart d’heure. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Samedi : la médiathèque André-Malraux

La médiathèque André-Malraux se dresse sur la presqu’île du même nom, entre deux bras d’eau, dans un ancien quartier portuaire reconverti. L’édifice est large, vitré, lumineux, avec des espaces ouverts qui donnent sur l’eau. On y trouve des salles de lecture, des fauteuils, des tables, des coins pour la presse. L’accès à la consultation sur place est le plus souvent libre, mais je vérifie toujours les règles pour les espaces de travail et les jours d’ouverture.

J’aime ce genre de lieu récent parce qu’il n’a pas besoin de solennité pour être calme. Les gens y lisent, y travaillent, s’y reposent. Le matin, il y règne une paix d’après-café, et la lumière du nord, grise et douce, suffit à lire sans lampe. À la fin de la matinée, je descends sur les quais, où des bancs donnent sur l’eau et sur les péniches. Ce n’est pas un silence total, mais celui d’une ville qui sait se tenir.

L’après-midi, direction la Petite France. Le quartier est touristique, mais en y allant tôt, ou en s’écartant des rues les plus fréquentées, on trouve des recoins calmes : un pont, une écluse, un bout de quai planté de tilleuls. Je m’assieds sur une marche, je lis un chapitre, et je regarde l’eau passer. Il suffit de quitter la rue principale de quelques mètres pour que le bruit des groupes s’éloigne.

Dimanche : cathédrale, jardins et orangerie

Le dimanche, la ville ralentit encore. La cathédrale Notre-Dame, avec sa flèche de grès rose, reste un lieu à visiter tôt, avant l’affluence. À l’intérieur, la nef est haute et fraîche, et l’on peut s’asseoir quelques minutes sur les chaises pour regarder la lumière passer dans les vitraux. L’horloge astronomique a ses heures de pointe où le public se presse, il vaut mieux l’éviter si l’on cherche le silence.

Ensuite, le parc de l’Orangerie, le plus ancien et le plus grand parc de la ville, est idéal pour la lecture. Il y a un lac, des allées de platanes, des pelouses, un pavillon, et les cigognes qui nichent dans les arbres, un spectacle plutôt qu’un bruit. Le quartier des institutions européennes est tout proche, mais le parc donne l’impression d’être ailleurs. Je m’y installe pour la fin de la matinée, avec un sandwich et un livre.

L’après-midi, la Neustadt, ce quartier construit à l’époque allemande, offre des avenues larges et des façades imposantes. La grande bibliothèque universitaire, la Bibliothèque nationale et universitaire, s’y trouve : son bâtiment ancien, imposant, se visite parfois de l’extérieur ou lors d’événements. L’accès à ses salles est réservé à certains publics, donc je préfère simplement la contourner et m’asseoir sur un banc de la place voisine pour lire.

Entre deux étapes, je tiens une règle : laisser une heure vide entre chaque lieu. À Strasbourg, l’eau est partout, et l’on s’arrête sans y penser sur un pont, au bord d’une écluse. Ces arrêts font partie de la lecture, au même titre que les pages. Dans le carnet, je note ce qui s’entend : le clapotis des bateaux, des pas sur les pavés, une cloche, le bruit étouffé d’un tram. La ville a une façon discrète d’accompagner ceux qui lisent, comme si elle aussi tournait les pages avec précaution.

Une nuit : où dormir

Pour dormir, le quartier Krutenau, un peu à l’écart, est plus calme que le centre, avec des ruelles et une vie étudiante qui s’éteint tôt en semaine. La Petite France offre de belles chambres d’hôtes dans des maisons à colombages, mais la circulation des groupes peut y être sensible le soir. Je préfère une chambre sur cour dans un hôtel de taille moyenne, près de la gare ou de la Neustadt, côté arrière. Les sols en bois craquent, les fenêtres sont épaisses, et on dort bien.

Le retour

Pour rentrer, le train de fin d’après-midi permet d’arriver à Bordeaux assez tard, après environ 7 h de voyage, avec un changement à Paris. Je prévois un repas à emporter et un livre de réserve. C’est une longue journée de retour, mais la lecture rend le temps moins lourd. Horaires et durées à vérifier avant le départ.

À savoir avant de partir

  • Vérifier les règles de la médiathèque et ses jours d’ouverture, car beaucoup de salles ferment le dimanche et parfois le lundi.
  • Prévoir un manteau et des gants en hiver : les quais sont froids et la lumière baisse tôt.
  • Éviter l’horloge astronomique et les rues principales de la Petite France aux heures d’affluence.
  • Réserver le train et la nuit à l’avance, surtout en période de marché de Noël.
  • Le trajet est long : charger les appareils, prévoir un livre de rechange.
  • Horaires et durées à vérifier avant le départ.

Dans le même tiroir

La lettre des coins calmes

Une fois par mois : trois lieux où s'asseoir dans une ville, et l'heure à laquelle y aller.

En vous inscrivant, vous acceptez la politique de confidentialité.